Zone de Texte: Importance du choix du matériel

Pour un artiste débutant, le choix du matériel est très souvent source de problèmes, d'incertitudes, de déceptions et au final de gaspillage d'argent, c'est pour cette raison que je lui consacre un paragraphe. 


Choix en fonction du travail

Pour travailler la peinture de nos jours, l’artiste dispose d’un choix impressionnant de matériel : des centaines de sortes de pinceau, des dizaines de formes de couteau sont à sa disposition dans les magasins ou sur des catalogues. Mais lesquels choisir, comment effectuer la meilleure des sélections ?

Avant d’acheter quoi que ce soit, commençons par réfléchir pour ne pas gaspiller notre argent (et les artistes sont rarement très fortunés !).

Chacun peux constater, sur lui-même, que lorsque l’on possède des dizaines de crayons ou stylos, que l’on se sert généralement toujours du même, de celui que l’on a le mieux "en main" et qui permet un tracé conforme à ce que l’on attend de lui, les autres ne servant qu’occasionnellement, voire jamais ! Il en va de même pour le matériel d’artiste. Posséder des dizaines de pinceaux et de couteaux ne sert absolument à rien, si ce n’est qu’à faire "marcher" le commerce… ou à impressionner les visiteurs.. ! Mais alors, que choisir ?

Chacun doit choisir son matériel en fonction de lui-même, de son tempérament et aussi, bien entendu, du travail qu’il entend réaliser.

Pour le travail selon les techniques traditionnelles, l’usage du pinceau est le plus fréquent, donc c’est sur eux que devra porter vos choix, mais attention, il ne faut pas se croire obligé de vider un magasin pour choisir le meilleur ! Les personnes qui aiment le travail "en épaisseur" avec des couleurs vives, bien tranchée, avec peu ou pas de détails obtiendrons satisfaction avec des pinceaux durs, en soie de porc par exemple, alors que celles qui préfèrent le travail tout en finesse, avec un aspect lisse et très nuancé préfèreront les pinceaux en poils de martre qui sont les plus "doux" et qui permettent un travail tout en finesse. Bien entendu, des pinceaux de duretés intermédiaires sont nombreux.

Dans chaque catégorie de dureté de poils, il existe des dizaines de formes différentes. Conseiller un choix ici est quasiment "impossible" tant il existe de composantes caractérielles propres à chacun. Une chose est certaine cependant : un choix de 4 à 7 pinceaux est amplement suffisant ! 


Couteaux ou Pinceaux, que choisir ?

Plusieurs éléments président au choix de ce matériel : 
·La recherche de l’effet désiré
·La nature du support
·Le mode d’expression de l’artiste
·La dextérité de l’artiste
·Le degré de finition recherché

La recherche de l’effet désiré est très importante à considérer. La peinture au pinceau aura un aspect plus ou moins lisse, ou plus ou moins empâté selon le pinceau utilisé ! Le travail avec un pinceau "dur", comme la soie de porc par exemple, sera moins fin que les résultats obtenus avec un pinceau en poils de martre, beaucoup plus doux.

Concernant la peinture au couteau, généralement l’effet obtenu se caractérise pas des aplats assez grossiers et souvent peu précis. Or, concernant l’impressionnisme-moderne, l’aspect final de la peinture doit être le plus lisse possible pour un travail tout en finesse. C’est paradoxalement sur cet outil que réside mon choix pour la réalisation de ce travail. Pourquoi avoir préféré l’usage du couteau à celui du pinceau, plus facile à maîtriser pour la réalisation d’un travail fin et précis ? Simplement parce que le couteau permet, de par la finesse de la lame, un travail beaucoup plus en finesse que le pinceau, à condition de savoir « le maîtriser ».

Une explication s’impose : la peinture, à sa sortie du tube, consiste en des particules colorées microscopiques (plus ou moins fines selon leur qualité, ces particules sont appelées pigments) noyées dans un liant (huile de lin, le plus souvent). Ce liant est aussi plus ou moins important en pourcentage, par rapport aux pigments : en effet le liant a un prix nettement inférieur à celui des pigments, donc les fabricants, dans leur grande majorité, utilise le maximum de liant… au détriment de la qualité de la peinture, comme nous l’avons vu en traitant du choix des peintures. 


Ecrasement de la peinture avec le couteau

Le travail au couteau (un couteau est composé d’un manche et d’une lame d’acier fine, plus ou moins longue) permet d’écraser, de patiner est plus exact, les particules de pigment sur la toile, de les incruster dans les irrégularités microscopiques de la surface de l’enduit qui la recouvre, assurant ainsi une bien meilleure adhérence des couches entre elles. 

Vu au microscope, les pigments de peinture travailler ainsi au couteau (10 à 20 passages très rapides et très fermes, tous azimuts (très importants) de couteau, tenu très fermement, sur le même point à chaque couche, selon l’effet désiré) se retrouvent agglomérés entre eux alors que le liant remonte en surface. Attention, un travail lent serait voué à un échec certain : il serait alors pratiquement impossible de ne pas altérer les couches inférieures encore fraîches, le rythme de travail se situe entre 5 et 10 passages de couteau à la seconde ! 

C’est ainsi que, sur une couche de peinture beaucoup plus ferme à sa base, toujours très fine pour permettre une transparence maximale, qu’il devient possible de lui superposer d’autres couches de peinture sans attendre que celles du dessous soient prises (oxydées). Un tel résultat est simplement impossible au pinceau, simplement en raison de la souplesse des poils qui interdit une pression suffisante pour "agglomérer" fermement les pigments entre eux. 

Explication par l’image.

Voici ci-contre, un croquis permettant d’illustrer mon propos. La peinture bien
Patinée au couteau permet la superposition immédiate de plusieurs couches… 
sans les mélanger entre elles et donnant des possibilités de transparence 
extraordinaire : la réussite de ce travail repose avant tout sur la dextérité de 
l’artiste : réussir un tel travail exige une très grande rapidité d’exécution, faute
de quoi le résultat serait un amas de peinture d’aspect boueux !








Aspect de la surface

Autre avantage considérable du travail au couteau, par rapport à celui 
réalisé au pinceau : l’aspect de la surface ! L’impressionnisme-moderne 
se distingue avant tout par sa finition toute en finesse et lisse. Pourquoi 
lisse ? Simplement pour laisser la plus petite surface possible de peinture 
en contact avec la pollution atmosphérique, et la poussière. Or, c’est la 
surface la plus lisse possible qui est la meilleure des solutions, et sur ce 
point, le travail par patinage au couteau est nettement supérieur aux r
résultats obtenus à l’aide d’un pinceau, même très doux, ce dernier 
imprimant toujours des stries microscopiques (sillons très fins) sur la 
surface de la peinture, comme le montre le croquis ci-contre. 



Choix des pinceaux

Pour peindre à l’huile, je préconise de ne jamais s’encombrer de matériel inutile ! Il n’est pas rare d’observer de nombreux amateurs (plus rarement des professionnels) largement "suréquipés". Acheter des dizaines de tubes de peintures différentes, une multitude de pinceaux ou/et de couteaux ne sert absolument à rien, si ce n’est de faire la joie des vendeurs de fournitures.

Pour ma part, je réalise toutes mes toiles avec seulement deux couteaux, un
pinceau et une dizaine de tubes de couleur.

Donc, avant de commencer à peindre, il convient de bien réfléchir et 
d’adapter notre matériel à notre personnalité, notre style, notre technique 
et nos préférences. Dans les pages qui suivent, des éléments déterminants 
vous sont donnés pour effectuer ces choix: il n’existe aucune "formule
universelle", chacun étant différent, mais il convient cependant de prendre 
en considération des éléments techniques importants, voire impératifs 
pour obtenir un travail de haute qualité. Ci-contre, exemple de pinceaux 
en poils de martre. 














Choix des couteaux :

Pour le travail selon ma technique "Impressionniste-moderne", c’est le couteau que je privilégie, pourquoi ?

En dépit de la difficulté qui réside dans le fait de maîtriser cette technique, c’est le seul 
outil qui autorise un travail tout en finesse sur de grande longueur en un minimum de 
temps (par exemple tracer une ligne droite de moins de 0,10 mm d’épaisseur, avec un 
côté clair et l’autre à l’ombre, sur une longueur de 40 cm est difficilement envisageable 
en travaillant au pinceau alors que le couteau le permet en moins de deux secondes, 
pour le travail d’un mat de voilier, par exemple ! C’est aussi le seul outil qui permette 
d’écraser les pigments sur une toile, de manière à permettre des glacis directs et surtout 
la superposition de 6 à 20 couches de peinture, en glacis, sans attendre que les couches 
inférieures soient prises, donc immédiatement, sur peinture fraîche. Je reviendrai sur 
ce mode de travail. Pour l’instant, contentons nous du choix du matériel. 

Le choix des couteaux est donc extrêmement important : pour ma part, je ne travaille 
qu’avec 2 couteaux, mais 90 % de mon travail n’est réalisé qu’avec le grand couteau 
(N° 11) et assez rarement avec le petit (N° 20) (voir ci-contre) 
















Des couteaux inutiles :








En fait, dans ce domaine, l’on trouve un peu de tout, les formes les plus fantaisistes 
se rencontre (certains de ces couteaux peuvent très avantageusement remplacer des 
pelles à tartre !). Voici un exemple des "extravagances" souvent rencontrées : 













Couteaux extravagants




L’imagination de certains fabricants ne se limite pas à ça, le ridicule peux être poussé 
plus avant, jugez vous-même, je préfère m’abstenir de tout commentaire : ceux qui 
travaillent au couteau comprendrons !

Ce genre d'outillage est totalement inutile pour un artiste qui maîtrise son travail ! 

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Matériel utilisé

           N° 11                                 N° 20

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