Zone de Texte: Quels sont les moyens dont nous disposons pour peindre ?

Il existe une multitude de moyens pour peindre, je vais me contenter de développer le principal, celui que j'utilise personnellement pour travailler mon style "impressionniste-moderne", au couteau. Pour les autres, tout a été dit... ou presque ! 


Deux couteaux et un pinceau

En résumé, 1 pinceau (N° 0, pour la signature) et deux couteaux (un petit et un plus grand, en forme de petite truelle) suffisent amplement pour travailler selon ma technique "impressionniste-moderne" ! Ce qui est un peu comparable à l'écrivain qui écrit toujours avec le même stylo ! 

L’important, dans tous les cas, consiste à bien maîtriser son matériel, sans perdre de vue que notre matériel se fait aussi au notre main au cours de notre travail ! Ainsi, pour "roder" un couteau, la réalisation de 5 à 10 toiles est souvent nécessaire avant de pouvoir faire usage du maximum des possibilités de cette technique ! 

Un chevalet

Souvent utile, le chevalet n’est pas indispensable… en fait, je m’en sers très rarement, je lui préfère un support plus stable comme une table, ou moins encombrant sur le terrain, comme un rocher, un tronc d’arbre ou tout autre support existant sur place ! L’idéal étant bien entendu de peindre à 
l’intérieur d’un véhicule vitré (fourgon ou camion) prévu à cet effet, ce qui est même indispensable pour les formats géants 
(+ de 4 m²).

Pour le choix d’un chevalet, rejetez immédiatement tous les chevalets trop "fluets" et instables (soit les 9/10 de ceux du 
commerce). Moins chers, certes, mais ils s’avèrent rapidement encore beaucoup trop chers car peu pratique, voire 
franchement inutile pour le travail au couteau qui exige une grande stabilité en raison des pressions exercées !

Votre choix se portera de préférence sur un chevalet de campagne robuste, à l’image de celui ci-contre.

Mais je le répète : l’achat d’un chevalet n’est pas indispensable, du moins pour un débutant.












Châssis et toiles

Un châssis est constitué d’éléments en bois de dureté moyenne destinés à recevoir une toile, assemblés de manière à supporter la toile tendue sur laquelle l’artiste applique sa peinture. Il fait ainsi partie intégrante du support de la peinture.

Le lin est le textile le plus utilisé de nos jours pour constituer un support de grande qualité. La toile de lin est recouverte de 1 ou 2 couches de colle de peau et de plusieurs couches d’enduit destinées à recevoir la peinture. 

Une fois apprêtée, la toile est tendue sur le châssis : cet ensemble doit être rigide et la surface la plus plane possible. Il est facile de trouver du lin de qualité dans le commerce. Il se présente alors sous forme de rouleaux de 10 mètres de longueur sur 2,10 mètres environ de large, le plus souvent. 

Généralement, il est proposé aux artistes sous forme de châssis entoilés, prêts à l’emploi… enfin, en principe, car les enductions du commerce sont rarement suffisantes (prix de revient à la fabrication trop élevé sans doute…), il convient alors de rajouter plusieurs couches d’enduit (vendu également dans le commerce). 


Formats standards et toiles du commerce

Ces châssis se trouvent sous différentes dimensions, généralement métriques dans les pays européens (sauf Angleterre). Ainsi nous trouvons, à titre indicatif, des formats standard tels que :

								10 x 15 cm.............. 30 x 50 cm................ 70 x 70 cm
								10 x 20 cm.............. 30 x 60 cm................ 70 x 100 cm
								10 x 25 cm.............. 40 x 40 cm.............. 100 x 100 cm
								15 x 20 cm.............. 40 x 50 cm.............. 100 x 120 cm
								15 x 30 cm.............. 40 x 60 cm.............. 100 x 150 cm
								20 x 20 cm.............. 50 x 50 cm.............. 100 x 200 cm
								20 x 30 cm.............. 50 x 70 cm ...............120 x 150 cm
								20 x 40 cm.............. 50 x 100 cm............ 120 x 200 cm
								30 x 30 cm.............. 60 x 100 cm............ 150 x 150 cm
								30 x 40 cm.............. 60 x 120 cm............ 150 x 200 cm
.								.................................................................  200 x 200 cm

En France, il est souvent difficile de trouver ces formats, nous en sommes restés aux anciens formats… déjà en usage au moyen âge ! Pour les "initiés", en France on parle des formats 6, 8 ou 10 par exemple, ces différents formats se subdivisent en trois, les formats F (Figure), P (Paysage) et M (Marine). 

Certains "initiés" affirment volontiers que ces formats seraient en rapport direct avec le nombre d’or (cher aux initiés de l’ordre du temple) : 1,618, or après analyse approfondie, seuls quelques formats présentent un rapport approchant cette proportion réputée être idéale en matière d’art ! Il est évidant qu’avec un peu de bon sens, il est difficile de ne pas en sourire! 

Voici les formats vendus en France (souvent difficiles à trouver hors de nos frontières) :

							Format : 0		   	Format : 1		  	Format : 2
							F : 19 x 14 cm		 	F : 22 x 16 cm		  	F : 24 x 19 cm
							P : 19 x 12 cm		 	P : 22 x 14 cm		 	P : 24 x 16 cm
							M: 19 x 10 cm			M : 22 x 12 cm			M : 24 x 14 cm

							Format : 3 			Format : 4 			Format : 5
							F : 27 x 22 cm 			F : 33 x 24 cm 			F : 35 x 27 cm
							P : 27 x 19 cm			P : 33 x 22 cm			P : 35 x 24 cm
							M : 27 x 16 cm			M : 33 x 19 cm			M : 35 x 22 cm

							Format : 6 			Format : 8 			Format : 10
							F : 41 x 33 cm 			F : 46 x 38 cm			F : 55 x 46 cm
							P : 41 x 27 cm			P : 46 x 33 cm			P : 55 x 38 cm
							M : 41 x 24 cm			M : 46 x 27 cm			M : 55 x 33 cm

							Format : 12 			Format : 15 			Format : 20
							F : 61 x 50 cm			F : 65 x 54 cm			F : 73 x 60 cm
							P : 61 x 46 cm			P : 65 x 50 cm			P : 73 x 54 cm
							M : 61 x 38 cm			M : 65 x 46 cm			M : 73 x 50 cm

							Format : 25 			Format : 30			Format : 40
							F : 81 x 65 cm 			F : 92 x 73 cm			F : 100 x 81 cm
							P : 81 x 60 cm			P : 92 x 65 cm			P : 100 x 73 cm
							M : 81 x 54 cm			M : 92 x 60 cm			M : 100 x 65 cm

							Format : 50			Format : 60			Format : 80
							F : 116 x 89 cm 			F : 130 x 97 cm			F : 146 x 114 cm
							P : 116 x 81 cm 			P : 130 x 89 cm			P : 146 x 97 cm
							M : 116 x 73 cm			M : 130 x 81 cm			M : 146 x 89 cm

							Format : 100			Format : 120
							F : 162 x 130 cm		F : 195 x 130 cm
							P : 162 x 114 cm			P : 195 x 114 cm
							M : 162 x 97 cm			M : 195 x 97 cm 
 


Réaliser ses châssis et les entoiler soi-même

Réaliser ses toiles soi-même constitue un important facteur d’économie, mais aussi une totale liberté de choix quant aux choix des formats et de la qualité des toiles.

Il convient avant tout de réaliser un châssis sur lequel sera tendue la toile. Il existe deux formes de moulure pour réaliser un châssis.

Premier type de moulure :
Nous trouvons de plus en plus couramment des châssis qui consistent simplement en une moulure prismatique comportant un renflement sur un angle et sur lequel reposera la toile. Ils sont plus faciles à réaliser industriellement. Pour intéressants qu’ils soient (prix de revient plus bas), ils sont très mal adaptés
pour le travail au couteau en raison du faible espace entre le bord intérieur du châssis et de la toile, de plus, il est à noter une mauvaise
évacuation de l'humidité, donc risque de putréfaction accru de la toile. 





Second type de moulure :


Cette seconde moulure pour châssis est de section trapézoïdale, la partie supérieure présente une inclinaison de 12 à 15°, la partie la plus 
Épaisse est toujours du côté extérieur du châssis.








Mon choix de châssis

Pour ma part, je donne ma préférence aux châssis à section trapézoïdale (le second type de moulure), malgré un prix supérieur, c’est en effet le seul type de châssis qui permette le travail de l’artiste dans toutes les techniques (pinceaux, couteaux et doigts) sans que la partie intérieure du châssis vienne appuyer sur la toile lors du travail de patinage (forte pression du couteau) et ainsi créer des marques indésirables. C’est aussi la forme de châssis qui facilite le mieux l’aération de la partie inférieure de la toile, évitant ainsi au mieux la putréfaction du tissu. A ce sujet, il convient de donner sa préférence à la toile de lin malgré son prix, elle est nettement plus résistante que le coton à la putréfaction !

Au sujet du choix de la toile, il existe de nombreuses possibilités. Il existe de la toile:
* en coton: facilement putrescible mais bon marché,
* en polyester: imputrescible mais très fragile, de moins en moins utilisée en dépit d’un prix assez bas,
* en tissus mélangés: lin et coton le plus souvent, intéressant par son prix plus que par ses qualités
* en lin: de loin la plus utilisée par les professionnels, c’est la toile qui résiste le mieux à la putréfaction (après le polyester), mais hélas, c’est aussi la plus chère ! En tout cas, c’est celle qui a ma préférence pour obtenir un travail de qualité résistant aux épreuves du temps et aux déformations accidentelles ! 

Si la nature de la toile est primordiale, son tissage et son épaisseur sont également d’importants facteurs à considérer pour fixer son choix. Ainsi, il existe des tissages très fins, plus ou moins "moyens" et à gros grains. Chacun choisit en fonction de ce qu’il attend de sa toile dans le cadre de son travail. Pour la qualité de ces toiles, il en existe de différentes épaisseurs, à savoir aussi que les plus épaisses sont aussi les plus résistantes… mais aussi les plus chères ! Généralement, les toiles Belges sont celles qui offrent les meilleures qualités.

Compte tenu de ce que je viens d’expliquer, je conseille volontiers de la toile à grains moyens mais assez épaisse pour résister aux dures contraintes imposées par le travail au couteau : pression forte pour "agglomérer" au mieux les pigments, ce qui me fait exclure toutes les toiles d’un grammage inférieur à 450 g/m². L’artiste qui travaille au pinceau peut se contenter d’une toile de 300 g/m² dans ses débuts, mais un grammage plus important est toujours préférable, malgré des prix plus élevés, qui peuvent varier du simple au triple !

Ces toiles vendues au rouleau (de préférence) ou au mètre (chutes proportionnellement nettement plus importantes) offrent de nombreux choix : toiles brutes (dans différents grammages), avec une simple enduction (une couche de colle de peau + une couche d’apprêt), avec enduction double (préférable), mais on en trouve également avec 4 à 8 couches d’enduction (très rares, et très chères… dans les années 80, j’avais un fournisseur qui proposait des toiles belges avec 12 couches d’apprêt de qualité extraordinaire, hélas, à sa retraite, son entreprise n’a pas trouver preneur).

La meilleure solution, ou la plus avantageuse, si vous préférez, consiste à acheter une toile d’excellente qualité à double enduction et d’améliorer soi-même ces enductions en lui ajoutant 6 à 10 couches d’apprêt complémentaires (ce qui demande beaucoup moins de travail pour l’artiste que l’enduction complète d’une toile brute).

Pour compléter les enductions "industrielles", il existe dans le commerce différents apprêts, souvent appelés "gesso" (mot italien qui signifie "plâtre"), bien que les Gesso" modernes n’ai plus du plâtre que la couleur blanche, il s’agit en fait, le plus souvent, d’acrylique et de résines qui peuvent être diluées dans l’eau. Leur application ne présente aucune difficulté, le plus simple consiste à appliquer ces couches d’apprêt avec un pinceau de grande largeur, appelé aussi "spalter", mais l'usage d'un sabre (sorte de grand couteau à bords parallèles) est préférable... mais ce travail demande alors une bonne pratique, et beaucoup de place, pour obtenir une surface lisse.

Il convient cependant de poncer très légèrement la toile entre chaque couche pour "effacer" les irrégularités et poncer un peu plus fort après la dernière couche. Bien que l’acrylique sèche rapidement, il est préférable d’attendre 24 heures entre chaque couche. Préparer plusieurs toiles à la fois est conseillé pour perdre le moins d’enduit possible du fait du nettoyage du matériel. Il est aussi plus facile d'enduire la toile une fois tendue sur son châssis, mais la toile risque alors de se détendre légèrement : la retendre s'impose souvent. L'enduction sur table évite cet inconvénient, mais demande beaucoup de place et une grande surface parfaitement plane.


Format de découpage des toiles

Pour ceux qui découpent leurs toiles dans un rouleau : avant de découper une toile il convient de calculer les formats des découpes comme suit :

Dimension du châssis + (2 fois l’épaisseur du châssis) + (2 cm de chaque côté pour tendre la toile)

Ce qui donne, par exemple, pour un format "12 F" de 61x50 cm, pour un châssis de 2,5 cm d’épaisseur: 
Longueur : 61 + (2,5 x 2) + (2 x 2) = 70 cm
Largeur : 50 + (2,5 x 2) + (2 x 2) = 59 cm 

Soit, pour un châssis de 2,5 cm d’épaisseur, le format extérieur du châssis + 9 cm.

Attention: L'épaisseur des châssis peut varier d'un fabriquant à l'autre: les grands formats sont généralement plus épais et peuvent atteindre 5 cm. En tel cas, selon la formule de calcul, le découpage, pour un format carré de 200 x 200 cm sera de :
200 + (5 x 2) + (2 x 2) = 214 cm de côté.

En revanche, si l’épaisseur du châssis est inférieure, il convient de réduire d’autant les formats des découpes, par exemple, pour un châssis de 2 cm d’épaisseur (petits formats généralement), pour un carré de 20 x 20 cm :
20 + (2 x 2) + (2 x 2) = 28 cm de côté. 


Réalisation d’un châssis entoilé

Si acheter un châssis entoilé est des plus faciles de nos jours, il est des artistes qui, soit par souci d’économie, soit par besoin de création de formats "hors standard" , soit pour avoir de toiles de meilleure qualité ou pour toutes autres raisons, éprouvent le besoin ou la nécessité de confectionner eux-mêmes leurs supports.

Si la réalisation de châssis de petits formats est relativement facile, il n’en va pas de même pour les châssis de grands, voire de très grands formats !

C’est donc à l’intention des artistes qui ont besoin de réaliser eux-mêmes leurs châssis que j’ouvre cette petite parenthèse qui de nos jours, est de moindre importance que par le passé, en raison de l’industrialisation des fournitures des artistes.

Pour réaliser un châssis, il importe de considérer trois éléments indispensables:
·	la matière première (bois)
·	le matériel nécessaire à la confection du châssis
·	le support proprement dit

A titre d’exemple, pour les formats miniatures, une épaisseur de châssis de 15 mm est suffisante. Pour les châssis de petites tailles, des formats 1 à 25, une épaisseur de 25 mm est conseillée, alors qu’une épaisseur de 35 à 40 mm est préférable pour les formats de 30 à 120. Pour les plus grands formats, au dessus de 2,50 m, une épaisseur de 45 à 50 mm est vivement recommandée!

D’une manière générale, la largeur de la moulure est le double de son épaisseur, soit 15 x 2 = 30 mm pour une miniature, alors que pour une format "géant", (de 3 x 1,8 m par exemple), la largeur sera de 45 x 2 = 90 mm, voire 50 x 2 = 100 mm. Cette section est importante pour résister à "l’écrasement" provoqué par la tension exercée par la toile tendue. 

Malgré l’importance de ces sections, des entretoises complémentaires sont indispensables pour neutraliser les déformations, et aussi pour éviter le gauchissement de la toile (déformation en hélice).


La matière première : le bois

Pour réaliser des châssis, ne pas choisir des bois trop durs, comme le chêne par exemple (grandes difficultés ensuite pour enfoncer les semences qui fixeront la toile), ni trop tendres (fixation insuffisante). Généralement, c’est le bois de sapin ou de pin qui est utilisé.

Il est toujours préférable de choisir un bois bien sec et si possible traité contre les parasites. Evitez aussi de prendre du bois avec des nœuds.

La section idéale, comme nous l’avons vue, est la section trapézoïdale. leurs dimensions varient en fonction de la grandeur des châssis terminés.


Simplifier le travail

Pour simplifier le travail, il est toujours possible de trouver des châssis nus dans le commerce, soit tout montés, soit en kit, avec des éléments séparés adaptables à chaque format particulier. Le seul problème, c’est leur coût relativement important. De plus, pour les formats géants, hors standard, ils sont simplement introuvables et l’artiste n’a pas d’autre solution que de les faire faire chez un menuisier… ou de les faire lui-même, réalisant ainsi une importante économie.

Pour éviter les surcoûts, pour les très grands formats, il faut savoir que les moulures prédécoupées pour l’usage des charpentiers, reviennent beaucoup moins chères. Pour ma part, j’utilise volontiers des demi-chevrons et des lattes pour mes entretoises et des chevons, coupés en biais (épaisseur de chacune des parties de 45 mm et intérieurement de 35 mm) dans le sens de la largeur, un chevron me donnant alors deux moulures… de 6 mètres de longueur, voire plus, selon les scieries auxquelles je m’adresse. Pour me simplifier le travail, je demande à la scierie d’effectuer cette coupe en biais (une scie de forte puissance étant indispensable pour ce faire), ce qui est accepté bien volontiers par le scieur.

Une fois que l’on dispose de la matière première (bois), il faut le travailler, ce qui nous amène tout naturellement à considérer l’outillage ! 


Matériel nécessaire à la confection d’un châssis

Si vous ne disposez pas d’un atelier de menuisier, ce qui est le cas de nombreux artistes, il convient de s’équiper d’un minimum d’outillage : à savoir que cet outillage est très vite amorti, dans certains cas, dès la réalisation du premier châssis "géant" !

Les outils qui sont indispensables:
·	un marteau de taille moyenne
·	une scie à angler (de préférence électrique)
·	une petite raboteuse (facultatif)
·	une petite scie sur table (électrique), facultatif
·	une ponceuse électrique (facultatif)
·	un mètre
·	un pied à coulisse
·	une petite défonceuse avec table de support (électrique également)
·	une paire de pinces à tendre les toiles (en magasins spécialisés)
·	un cutter
·	un ciseau à bois

Attention, l’achat de ce matériel peut se révéler assez coûteux dans certains magasins de bricolage : faites jouer la concurrence. Notez que les camions magasins (comme l’Auvergnat, Outiror, etc.) sont nettement plus avantageux, et souvent de qualité égale, voire parfois supérieure à celle du commerce courant, beaucoup plus cher. Je précise qu’il ne s’agit pas d’investir pour travailler en professionnel de la menuiserie, mais pour un matériel simple mais suffisant pour réaliser des châssis de bonne qualité. Sachez aussi profiter des promotions… 


Construction d’un châssis

Avec ou sans entretoise :

Pour les châssis de petite dimension (formats 10 maximum ou si la plus grande dimension inférieure à 60 cm), il n’est pas utile de placer 
des entretoises.

Demie entretoise : Une demie entretoise est impérative pour les châssis de dimensions moyennes, pour renforcer les grandes dimensions, 
longueur d’un côté compris entre 60 et 150 cm.

Croix simple : La simple croix se justifie si les deux dimensions sont comprises entre 60 et 150 cm.

Double croix : la double croix s’impose pour les toiles de grandes dimensions dont le plus grand côté dépasse 150 cm (formats 80, 100, 120)

Pour les dimensions supérieures à 200 cm (2 m), la triple croix s’impose. D’une manière plus générale, la distance entre chaque entretoise se
 situe entre 50 et 75 cm. La section doit être plus importante pour les formats géants de plus de 2,50 m.

Quatre croix : Les quatre croix s’impose lorsque les deux dimensions sont supérieures à 175 cm (1,75 m). Si pour une raison ou une autre, le
 nombre d’entretoises doit être réduit, il convient de renforcer fortement leur section, l’effort de compression étant considérable, une section
 trop faible provoquerait des flexions importantes et le gauchissement de la toile.









Exemple de moulures du commerce

Ci-contre : Quelques exemples de profils de bois pour châssis, tel que l’on peut les trouver dans le 
commerce.

Il existe deux type de châssis: 

- les châssis fixes (collés ou vissés dans les angles) et les châssis à clé. Les deux ont des avantages 
et des inconvénients. Le châssis encollé gardera ses dimensions, mais si la toile se détend, pour la 
retendre, il faudra la déclouer et la retendre avec des pinces à châssis.

- Le châssis à clé quant à lui facilite le problème de tension de la toile, mais vu que rien n’est collé 
(c’est la pression de la toile qui maintient le châssis en position) ses éléments en place, il suffit de 
quelques légers coups de marteau sur les clé pour tendre ou retendre la toile. C’est l’idéal, me 
direz-vous, oui… si chaque coup de marteau n’agrandissait pas la toile, ce qui a pour inconvénient 
majeur le problème de l’encadrement. En effet, si la toile est encadrée, après une ou deux tensions 
complémentaires, le cadre risque fort de ne plus être adapté à la toile devenue trop grande pour lui !

Ce phénomène est plus important si la toile n’est pas de la meilleure qualité : elle se détend 
facilement. 













Réaliser soi-même un châssis

Pour réaliser soi-même un châssis géant, très personnalisé et introuvable dans le commerce, il existe deux possibilités: 
La plus simple consiste à confier ce travail à un menuisier, mais attention au prix… très rares sont ceux qui travaillent pour rien !

La seconde consiste à s’armer de courage et de le faire soi-même, mais pour ce faire, il est préférable d’être bon !

Pour rester dans le concret, prenons un exemple qui fera plaisir à ceux qui recherchent le "nombre d’or", soit le rapport 1,618. Pour réaliser une très grande toile, il est préférable de prendre en considération la possibilité de la sortir de la pièce dans laquelle elle sera assemblée. Il ne faut oublier que très souvent, une toile sera encadrée, donc il faut aussi prévoir le passage du cadre sous les portes !

Généralement, dans les appartements les portes mesurent 2,10 m de hauteur. Si l’on tient compte du fait que, pour une très grande toile, l’encadrement doit être relativement large, pouvant aisément atteindre une largeur de 15 à 20 cm, c’est donc 30 à 40 cm de plus qu’il faut prévoir pour le cadre : avec 210-35 cm, soit 175 cm, en l’inclinant légèrement, le cadre passera sans problème par une porte de 210 cm de hauteur. De ceci, nous devons conclure que notre châssis fixé à l’intérieur du cadre peut difficilement dépasser une hauteur de 175 cm. Bien entendu, si les portes à franchir sont plus hautes, rien ne limite la hauteur du châssis, si ce n’est la longueur des planches que vous possédez pour le confectionner. 


Eléments extérieurs

Donc, tenons nous en, pour notre exemple, à 1,75 m (E sur le croquis 
ci-contre) de hauteur pour notre châssis. Concernant la longueur, toute 
liberté est laissée, seule la profondeur de l’emplacement auquel vous 
le destinez impose ses limites. Pour notre exemple, je m’en tiendrai au 
rapport du "nombre d’or", soit 1,75 x 1,618 = 2,8315 m, disons 2,83 m
(C sur le croquis), pour arrondir au mieux.

Notre châssis mesurera donc 1,75 x 2,83 m, soit 4,9525 m², disons
 grosso-modo 5 m² pour arrondir.

Pour cette dimension, un châssis de section trapézoïdale de 10 cm de
large (A) pour 5 cm d’épaisseur extérieure (F) et 3,5 cm intérieure (G)
conviendra parfaitement. Une telle section s’impose en raison de la 
dimension de la toile, mais l’entourage ne sera pas suffisant, il faut lui 
ajouter des entretoises assez puissantes pour le maintenir fermement. 

Pour prévoir les assemblages, couper les côtés à 45°, comme l’indique
le croquis ci-contre). Pour l’exemple présent, la longueur intérieure (B)
sera égale à longueur C – (10 x 2), soit 2,83 – 0,20 = 2,63 m et la 
hauteur intérieure (D) sera égale à hauteur (E) – (10 x 2), soit 1,75 – 0,20 = 1,55 m. 


Les entretoises

Pour calculer les dimensions des entretoises, ce sont les dimensions intérieures du châssis qu’il faut prendre en considération. A savoir que, compte tenu de l’épaisseur du châssis (10 cm), l'intérieur du châssis mesurera 1,75 – (0,10 x 2) = 1,55 m de hauteur 
et 2,83 – (0,10 x 2) = 2,63 m de longueur. Voir le croquis et explications ci-contre:

L'épaisseur de l’intérieur du châssis ne mesurant que 3,5 cm, c’est donc une moulure 
de 3,5 x 10 cm de section qui sera utilisée pour confectionner les entretoises. Comme 6 
entretoises seront utiles sur la longueur (3 de chaque côté), compte tenu du fait qu'une 
entretoise (dite centrale) sera mise en place sur la hauteur du châssis, la longueur "A" 
des entretoises simples sera de :
[1,55 m (hauteur intérieure du châssis) – 0,10 (largeur "G" de l'entretoise centrale)] / 2 
(une entretoise simple de chaque côté de l'entretoise centrale) = 0,725 m.

Attention, le respect de cette cote "A" est impératif : ce sont ces entretoises qui 
maintiendront la hauteur de la toile. La longueur totale "B" sera de 
72,5 + (1 x 2) = 74,5 cm, très précis!

Deux tenons seront pratiqués de chaque côté, au centre des deux côtés des entretoises : 
ces tenons seront pratiqués à l’aide d’une toupie ou d’une défonceuse montée sur un bâti. 
La profondeur "C" est de 10 mm et "D" de 10 mm également. 

Le tenon mesurera alors 3,5 – (1 x 2) = 1,5 cm d’épaisseur. Cette épaisseur doit être très 
précise : 15 mm +ou – 0,1 mm (à mesurer au pied à coulisse). Pour ces entretoises, c’est 
la longueur "A" qui revêt le plus d’importance pour le respect de l’écartement.

Vient ensuite la réalisation de l’entretoise centrale. C’est elle qui soutiendra le châssis 
sur sa longueur. Sa longueur est celle de l’intérieur du châssis (dimension "F", soit 2,63 m, très précis) plus 2 fois 1 cm pour les tenons, soit un total de 2,65 cm.


Assemblage du châssis

Tous ces éléments de châssis étant réalisés, il reste à fraiser avec précision les points d’encrage des entretoises tant sur les 4 éléments du châssis que sur l’entretoise centrale.

Pour ce faire, une fraise (pas le fruit, mais un outil pour défonceuse ou fraiseuse) de 15 mm de diamètre est indispensable. La fraisure aura une profondeur "H" (sur le croquis précédent) de 12 mm, sur une longueur "i" de 100 mm d’entre axe, hors arrondis de la fraise, soit 100 + 15 = 115 mm au total. Les axes de ces fixations seront à situer comme suit:

Sur les parties de châssis : 

·Au centre des 2 éléments de hauteur, à l’intérieur, soit à 1,55/2 = 0,775 m des deux bords

·3 points d'encrage sont à creuser sur les 2 éléments de longueur, à l'intérieur également, à égale distance les uns des autres, situant ainsi leurs axes à : 0,6575 m les uns des autres, soit respectivement, en partant d'un bord à 0,6575 m, 1,3150 m et 1,9725 m.

·Sur l’entretoise centrale, 3 points d’encrage de chaque côté (soit 6 au total) sont à creuser sur l’entretoise, à égale distance les uns des autres, situant ainsi leurs axes à : 0,6575 m les uns des autres, soit respectivement, en partant d’un bord intérieur à 0,6575 m, 1,3150 m et 1,9725 m, exactement comme pour les éléments longs du châssis.

L’assemblage de ces éléments, si les cotes ont bien été respectées, ne présente pas de difficulté majeure, si ne n’est pour assembler les 4 éléments extérieurs. Il est vivement conseillé, mais non indispensable de renforcer la fixation des angles par la mise en place de 4 tire-fond robustes, de 8 mm de diamètre sur 150 mm de longueur. En tel cas, un lamage pour noyer la tête des tire-fond est indispensable, et, sous ce lamage, percer la moulure concernée avec un foret de diamètre 8,5 mm. Pour l’élément destiné à recevoir le pas de vis du tire-fond, un avant trous de 5 à 5,5 mm est également conseillé, pour éviter à la moulure d’éclater. Les axes de vos perçages doivent se situer à 60 mm du bord extérieur de la moulure (partie coupée à 45°) et à 20 mm de la base (partie non biseautée). Percer la partie lamée perpendiculairement à votre moulure (sur perceuse à colonne de préférence) et la partie qui recevra le pas de vis sera à percer la moulure étant en place (le premier trou servant alors de guide de perçage).

Attention: respecter rigoureusement l’angulation et surtout, bien mettre en place l’ensemble des éléments avant fixation définitive. Bien que non indispensable si usage de tire-fond, un encollage avec de la colle à bois (colle blanche) de l’ensemble des parties de contact des éléments est vivement conseillé.

Reste à présent à tendre la toile sur votre châssis! 


Découpage de la toile :

Ce n’est pas le travail le plus facile et mieux vaut s’exercer avant sur des châssis de petits formats pour prendre le "le coup de main" indispensable pour uniformiser la tension de la toile.

Supposons donc que vous n’en êtes pas à votre coup d’essai (d’ailleurs, peindre une telle toile ne relève certainement pas du travail d’un débutant : si non, mieux vaut s’abstenir pour l’instant et attendre de posséder un minimum de pratique. En tel cas, ne pas hésiter à faire appel à un peintre professionnel possédant une bonne pratique de ce travail (ils sont assez rares...)

Il vous reste alors à découper votre toile avec le plus de précision possible pour ne pas rencontrer de surprises désagréables lors de sa mise en place. Le plus simple consiste à dérouler une partie de votre rouleau de toile sur un sol rigoureusement plat et à placer votre châssis sur votre toile pour effectuer votre traçage.

Très important: votre traçage doit être effectuer à 7 cm de chaque côté de votre toile, soit, selon la formule déjà vue, Longueur du châssis + E épaisseurs de châssis + 2 cm de chaque côté, soit dans le cas présent: 
Longueur de la toile = 283 + (5 x 2) + (2 x 2)
= 283 + 10 + 4
= 297 cm (soit 2,97 mètres)
Largeur de la toile = 175 + (5 x 2) + (2 x 2)
= 175 + 10 + 4
= 189 cm (soit 1,89 mètres)

C’est donc une surface de 5,61 m²; de toile qui sera nécessaire. Pour une telle dimension, de la toile de haute qualité s’impose : une toile de plus de 450 grammes au m² est vivement conseillée. A titre indicatif, dans cette dimension, le châssis entoilé pèsera autour de 25 Kg, selon le bois utilisé ! Attention aussi à la prise du vent sur une telle surface : peindre en extérieur est certes possible, mais il est conseillé de le faire à l’intérieur d’un véhicule vitré (fourgon).

Ceci étant précisé, voyons comment tendre la toile. 


Matériel pour fixer la toile :

Une fois la toile découpée (au cutter ou avec des ciseaux) il faut la fixer 
sur le châssis Pour ce faire, il faut se munir de semences de tapissier 
(petits clous à tête de 5 à 7 mm de longueur) qu’il faut clouer à 5-6 cm 
les unes des autres, soit pour la totalité de la toile, pour les 9,16 mètres 
de périmètre du châssis, 180 à 200 semences à prévoir. 

Un petit marteau et des pinces spéciales (voir croquis ci-contre) sont 
aussi indispensables. 














Comment tendre la toile :

Comme il est difficile de concevoir qu’une telle toile puisse être tendue en étant posées sur champ, c’est à plat, le châssis posé sur 4 tréteaux qu’elle sera tendue. Attention, bien tendre la toile du côté coupé en biseau, ce biseau doit jouer ses rôles, à savoir, assurer la ventilation des bords de la toile pour neutraliser la putréfaction d’une part et permettre le travail au couteau sans être gêné par le bord intérieur du châssis d’autre part.

Le châssis étant bien callé, reste la partie la plus difficile à réaliser: tendre correctement la toile. La toile une fois tendue ne devra présenter aucun plis, aucune "vague", elle doit être tendu un peu comme une peau de tambour, c'est-à-dire très fermement ! 

Comment procéder ? 

A l’aide de pinces à tendre les toiles (A ou B, au choix) et d’un marteau,
ce sont 180 à 200 semences (une semence est un clou à tête plate de 8 à
10 mm, généralement utilisé par les tapissier) qui sont à mettre en place, 
tout en assurant une tension suffisante… mais sans excès pour ne pas 
déchirer la toile en exerçant une pression excessive sur les pinces. Il est 
très important pour réussir ce travail de bien respecter l’ordre de tension,
 et de cloutage des semences indiqué sur le croquis ci-contre.







Il convient de toujours commencer par la plus grande longueur de la toile en clouant 1 ou 2 semences (pour une longueur supérieure à 2,5 m, deux sont préférables pour résister à le tension qui s’exercera sur elles en fixant le bord opposé). C’est donc le point (1) qui sera fixé en premier. Ensuite, prendre le plus grand soin pour fixer le point (2) qui lui est opposé à l'aide des pinces à tendre. Attention de bien placer la toile de manière à laisser 7 cm de toile de chaque côté du châssis, ceci avec la plus grande précision possible, sans oublier que les semences sont à placer sur le chant du châssis, et jamais dessus ou dessous de ce dernier!

Concernant la tension de la toile, il est important de savoir qu’une pression de 10 kg sur le manche de la pince entraîne une force de traction d’environ 100 Kg sur la toile! Il est donc très important d’exercer une tension aussi régulière que possible pour la mise en place de toutes les semences, pour ce faire l’expérience est toujours d’un grand secours !

Une fois les deux premiers point d’encrages (1 et 2) terminés, la mise en place des points (3) et (4) présente un intérêt capital pour la réussite de la tension totale.

Pour tendre la toile et placer deux ou 3 semences au point (3), exercer une pression sur les pinces de telle sorte que le "bourrelet" intérieur provoqué par la tension des deux premiers points disparaisse presque au centre de la toile, puis passer à l'encrage du point (4) par une pression ferme, de nature à absorber totalement le "bourrelet" intérieur.

Attention: Les points (1), (2), (3) et (4) sont placés au centre de chaque côté du châssis.

Placer ensuite les semences aux points (5) et (6), en neutralisant à chaque fois le "bourrelet" que marquera la toile, même opération aux points (7) et (8), puis aux points (9) et (10) et (11) et (12) et ainsi de suite jusqu'aux extrémités du châssis. Ne pas oublier de rabattre la toile aux angles pour faciliter l'encadrement. et parfaire la finition de votre travail ! 


Enduire une toile

Une fois votre toile bien tendue, il est vivement conseiller de lui appliquer sept à dix couches d’apprêt complémentaires (soit un total de 12 couches). 
Pour ce faire utiliser du Gesso acrylique de bonne qualité (terme par ailleurs assez impropre, le mot gesso est un mot italien qui signifie "plâtre"). 
Cet enduit est vendu en sceaux de 1 ou 5 litres (généralement). Deux à trois litres sont à prévoir.

Attention, un enduit de mauvaise qualité engendre toujours des craquelures de la peinture qui le recouvre, dénaturant ainsi votre toile !



Finir la préparation de la toile

Cet enduit est à étendre avec un spalter, sorte de pinceau large comme celui du croquis ci-contre.

Votre toile doit toujours être poncée avec un papier de verre fin, à sec, avant de peindre, ceci simplement pour améliorer 
l’accrochage de la peinture sur les couches d’enduits (le ponçage crée des stries microscopiques). 








Savoir tenir un couteau

Rien de plus simple, diront certains, mais est-ce aussi sûr ? Pour obtenir une peinture grossière, sans doute, mais pour un travail en finesse, le problème est bien différent.

Comme les explications verbales sont bien loin d’être suffisantes, c’est à l’aide de photographies que je vais les illustrer. Le plus important consiste en la position des doigts sur le manche du couteau, comme le montrent les photographies ci-après.


Attention à la position des doigts

Attention à la position des doigts : l’arrière du couteau est en appuis sous la paume de la main. Tenir très fermement le couteau 
pour permettre une pression forte (travail de patinage des pigments : incrustation sur la toile ou sur les couches inférieures) 

Ce travail est un travail d’ébauche. Attention de bien respecter l’inclinaison du couteau selon le sens du travail : la lame doit 
toujours écraser la peinture et ne jamais la racler. 








Tenir le couteau avec fermeté

Si le couteau doit être tenu avec fermeté, il faut aussi éviter toutes formes de crispation des doigts, du poignet, des bras et des épaules : tous les mouvements devant être exécutés en "souplesse"… et rapidité !

Il va de soit que, selon le travail à exécuter, la pression sur la lame sera de différente, de très forte pour la première couche, celle qui recouvrira directement la dernière couche d’apprêt (pour bien "écraser" la peinture dans les stries ou autres irrégularités éventuelles de la toile) à ultra légère, mais sans perdre la fermeté, pour la dernière couche de finition, en glacis.

Je vais donc illustrée les différentes manières de tenir son couteau et la manière de placer ses doigts sur le manche en fonction de la pression à exercer. 


Maintien du couteau

Le maintien du couteau est primordial. Son maintien contre la partie arrière de la paume de la main, derrière 
l’auriculaire, est très important pour permettre d’imprimer une pression suffisante de la lame, de manière à 
exercer un tassement optimal sur pigments tout en faisant remonter les surplus de liant en surface, ceci pour 
faciliter les superpositions, sans oublier les réalisations des glacis successifs.
Il est important de considérer la tenue du couteau autant dessus le manche que dessous. 







Avant de commencer…

Au début, nombreux sont ceux qui sont "désappointés" par cette manière de procéder, mais avec un minimum de pratique, à condition de bien soigner le début, de rectifier au mieux les erreurs de tenue fréquentes, il devient de plus en plus facile de peindre ainsi. Avant de commencer, il est donc très important de vérifier la bonne tenue du couteau. Attention également à ne pas prendre trop de peinture à la fois : la valeur d'un grain de café est suffisante à chaque fois, pour la première couche d'enduction (la valeur d'un petit grain de blé, voire beaucoup moins, pour les dernières, pour leur assurer un minimum d'épaisseur)

Généralement, une bonne dizaine de toiles est nécessaire pour commencer à prendre le coup de main. Pour faciliter cet apprentissage, ne pas craindre de "sacrifier" une toile pour vous entraîner, uniquement pour apprendre à tenir vos couteaux. 


La position du pouce

La position du pouce est très importante car c’est lui qui va agir pour modifier l’angle de contact de la lame du couteau 
avec la surface de la toile, cet angle devant varier de 6 à 12° en travaillant dans un sens, mais doit être inverser à 
chaque inversion de sens, et ce, à toute vitesse : ce changement doit devenir automatique... en quelques fractions de 
seconde ! 




Forte pression

Forte pression en début de travail (flexion de la lame). Attention cependant à ne pas casser la lame du couteau 
(généralement à hauteur de la soudure à la base du manche). 

Il convient de tenir le couteau très fermement et de travailler par petits coups très rapides et très "secs", sans jamais 
racler la peinture, mais en l'écrasant sur la toile.





Différentes tenues du couteau

Pour importantes que soient les différentes tenues du couteau, il convient aussi de prendre en compte la lame du couteau. Comme je l’ai signaler, les fabricants sont rarement des artistes même si ces derniers leurs donnent des indications, ceux qui maîtrisent réellement le travail au couteau sont rares. En matière de travail au couteau, la technique impressionniste moderne étant récentes et pratiquement inconnue (d’autant moins qu’elle n’est pas du fait des tenants de l’art d’Etat qui luttent pour conserver leurs monopoles), il est pratiquement impossible de trouver des couteaux utilisables directement dans le commerce. Pourquoi ?

Simplement parce que les couteaux du commerce présentent une semelle (lame) concave, alors que pour réussir une bonne patine, et plus encore des glacis, une semelle convexe est indispensable ! 

A décharge pour les fabricants : pour la quasi-totalité des artistes, réaliser un glacis au couteau serait tout simplement impossible (combien de fois ai-je entendu cette affirmation erronée !) Il convient donc à chaque artiste souhaitant travailler selon mes principes… et réaliser sans problème des glacis d’excellente qualité au couteau, d’apporter une petite modification à leurs couteaux: il suffit d’incurver vos lames entre vos doigts, sans forcer à outrance pour ne pas les plier, mais suffisamment en respectant l’élasticité de la lame, de manière à ce qu’elle ne reviennent pas complètement à sa forme initiale, mais reste légèrement convexe, donc qu’elle présente une légère courbe opposée à sa courbe initiale, comme le montre la photographie ci-dessous: 


La lame doit être légèrement convexe


La ligne rouge représente la ligne droite, la lame du couteau est en blanc (c’est volontairement que sur toutes les photographies de mes 
explications j’ai pris des couteaux usager, donc parfaitement aptes à travailler selon ma technique).

Le simple fait de travailler avec des lames de couteau convexes permet d’éviter les petites "boursouflures" de peinture qui se 
formeraient à l’extérieur de la lame du couteau lors de chaque passage. L’usage d’une lame concave ne permettrait pas un tel résultat.

Très important : la lame doit toujours être légèrement convexe (généralement, dans le commerce, elles sont légèrement concaves, 
il convient de les incurver légèrement)












Lame convexe

Autre vue qui met en évidence le fait que la lame est convexe (nettement plus visible sur le grand couteau que sur le petit).

L’ombre met en relief la partie du couteau en contact avec la toile. Pour une bonne prise en main, la lame du couteau doit 
être "rodée", adaptée à la main de l’artiste : la réalisation d’une dizaine de toiles est souvent nécessaire à une telle 
adaptation. 





Flexibilité de la lame

Pour réaliser un bon glacis au couteau, il est très important de se servir de la flexibilité du couteau, comme le montre la 
photo ci-contre. Un couteau trop rigide ne rendrait pas de bons résultats. Attention la position du couteau sur la photo 
n'est pas une position de travail mais de simples démonstrations.









Travail des glacis

La réalisation d’un glacis sur des couches de peinture encore fraîches exige une très grande précision dans la tenue du couteau, pour ne pas "déranger" les couches inférieures qui devront transparaître sous les couches des différents glacis successifs, et plus particulièrement encore sous la couche de peinture du dernier glacis qui donnera au tableau son aspect final.

Cette précision étant acquise, par la pratique, pour parvenir à ne rien déranger des couches de peinture inférieures, il convient d’imprimer au couteau une grande vitesse de déplacement (sur des longueurs souvent importantes pour les grands formats, ce qui accroit la difficulté : toutes les traces de couteau devant disparaître pour obtenir un glacis proche de la perfection), la lame ne devant qu’effleurer la peinture, mais avec fermeté et "détermination", si j'ose dire, pour en parfaire l’aspect… mais sans rien démolir du travail antérieur ! 

Si le travail de "patinage" (ou d'écrasement des pigments si vous préférez) exige une grande pression de la lame du couteau, laquelle lame devant repasser de 10 à 20 fois sur chaque partie de la toile à chaque couche pour bien les fixer (la peinture ainsi travaillée doit devenir assez "collante", tout en perdant sa viscosité pour devenir ferme pour permettre des superpositions, le travail du glacis se fait toujours avec le plus de légèreté possible pour obtenir une surface de finition la plus lisse et la plus transparente possible, même si cette finition exige assez souvent, la présence de peintures particulièrement opaques, comme pour préciser le reflet du ciel sur l’eau, par exemple. Voici donc ci-dessous la tenue du couteau pour un tel travail.


Tenue du couteau pour les glacis

Tenue du couteau pour réaliser un glacis de finition intermédiaire (après chaque couche de peinture).
Les doigts sont tendus mais non rigides, il convient de toujours travailler avec fermeté, mais aussi en
souplesse… et très rapidement ! 

Pour accroître la légèreté de la touche de la lame sur la toile, il est vivement conseiller d’utiliser au 
maximum sa flexibilité. .











Tenir le couteau en son centre

Très important: tenir le couteau de manière très souple en son centre de gravité, le cas échéant, trois
doigts suffisent, mais seulement après une bonne pratique !

Pour le dernier glacis, la tenue du couteau doit être ultra-légère : trois doigts suffisent pour le 
maintenir, comme le montre la photo, mais la tenue "classique" propre aux glacis intermédiaires est 
aussi acceptable pour les débutants.

Attention de bien inverser l’angle du couteau sur la toile à chaque inversion de sens, la lame 
doit toujours permettre "d’écraser" la peinture et non la racler. Ce mouvement d’inversion 
d’angle s’obtient facilement par de simples "avancées" ou "reculées" du pouce sur le manche. 

La rapidité du mouvement est indispensable à la réussite du glacis au couteau. 



Conseils

En fait, le travail de finition consiste davantage à traiter l’aspect final pour parfaire son fini qu’à apporter une nouvelle couche de peinture, cette dernière devant être alors d’une épaisseur microscopique, suffisamment fine pour permettre un maximum de transparence.

Notez qu’à ce niveau, l’usage de "médium" ou autres produits sensés accroître les transparences et faciliter le travail est devenu totalement inutile, voire préjudiciable à la stabilité chromatique des pigments, étant bien entendu que ces derniers doivent être de la meilleure qualité possible, c'est-à-dire purs avec le minimum de liant : ce qui exige l’usage de la peinture de très haut de gamme pour les professionnels, ou, pour les amateurs, des peintures de bonne qualité peuvent suffire, en attendant de passer au niveau supérieur. 


Détail sur la tenue du couteau

Pour le glacis final, la tenue du couteau peut se faire avec trois doigts pour obtenir un maximum de légèreté 
et jouer avec la flexibilité de la lame. 

Attention: Bien tenir le couteau en son centre de gravité. 










Travailler avec le milieu de la lame

Sans revoir le détail de la tenue correcte du couteau, retenons que c’est avec le milieu de la lame que nous travaillons.

C’est toujours le milieu de la lame du couteau qui est le plus utilisé : il convient donc de faire en sorte que ce soit cette partie qui 
soit en contact avec la toile : c’est là l’une des plus grandes difficultés à surmonter par les artistes non rompus au travail au 
couteau selon cette technique. 


















Travail de patinage au petit couteau

Pour revenir au travail de "patinage" avec le petit couteau. La lame nous l’avons vu, doit toujours "écraser" la 
peinture sur la toile et non la "déplacer", si non, le moins possible.

Le poignet doit toujours rester très souple, il est amené à travailler dans toutes les directions, en "pivotant" 
autour de l’axe du bras, parfois en tournant sur 360°, soit un cercle complet, ce qui exige une longue pratique 
et beaucoup de souplesse. 








Travail de patinage au grand couteau

L’artiste doit aussi bien travailler en "poussant" son couteau qu’en le tirant à lui. A chaque changement de sens, 
l’angle que fait le couteau sur la toile doit être inversé pour toujours "écraser" la peinture. C’est avec un léger 
mouvement de va et vient très rapide du pouce que l’on obtient cette inversion d’angulosité ! Là encore, c’est 
par la pratique que l’on obtient cet automatisme.

Nota : Le travail de patinage au grand couteau est toujours plus difficile à réaliser du fait du "manque de pression" sur l
a lame, à surface égale. La pression à exercer devant être très forte, elle occasionne rapidement des fatigues, souvent 
douloureuses, au niveau du bras et de l'épaule sollicités.

Attention cependant à limiter la pression, pour ne pas casser la fixation de la lame du couteau sur son manche : il 
n'est pas rare que celà se produise, d'où l'intérêt de choisir des couteaux de qualité, à la fois souple et résistant à la 
pression.

Prendre garde aussi de ne pas se couper : avec la pratique (une trentaine de toiles environ), la lame devient coupante 
somme un rasoir, c'est en l'essuyant que le risque de coupure existe... mais le travail sur la toile en est grandement 
facilité. 






Zone de Texte: Site technique de peinture par Pierre Brayard
Zone de Texte: Rien n’est plus beau que la nature et la peinture l’immortalise… parfois !
Zone de Texte:    
Pratique de la peinture sur toile

Pour accès direct aux sujets vos choix, cliquez sur vos choix

Zone de Texte: Un chevalet
Châssis et toiles
Formats standards et toiles du commerce
Réaliser ses châssis et les entoiler soi-même
Mon choix de châssis
Format de découpage des toiles
Réalisation d’un châssis entoilé
Construction d’un châssis
Zone de Texte: Enduire une toile
Savoir tenir un couteau
Tenir le couteau avec fermeté
Avant de commencer…
Différentes tenues du couteau
Travail des glacis
Détails sur la tenue du couteau
Zone de Texte: Retour
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Haut de la page
Zone de Texte: Retour