Zone de Texte: Autre exemple de travail par étape

Quel artiste n’a pas été séduit par le calme d’un sous bois, la transparence d’un feuillage et la pureté de l’eau transparente d’un ruisseau ?

Comment rendre la délicatesse des impressions ressenties et surtout comment faire en sorte que la verdure ne donne pas l'effet d'un "plat d'épinards" et respecter la transparence et les reflets de l'eau. sans avoir pour résultat une eau boueuse ou donnant une impression de viscosité… ou de lait ? 

Première étape :

Dans un premier temps, après avoir réaliser le ciel, réaliser rapidement quelques détails vous permettant de
"cadrer" votre sujet, sans vous soucier de l'eau. Ce travail vous servira simplement de "base technique", ou
"base de fond" si vous préférez, que vous laisserez sécher un mois environ avant de le poncer avec un 
papier de carrossier pour éliminer l'oxyde de surface et réaliser des stries qui permettront un "accrochage" 
correct des couches que vous superposerez pour terminer votre toile. 

Il s'agit jusqu'à présent d'un simple travail de fond que complètera vos couches d'enduction. Ce travail de 
fond peut être réalisé avec des peintures de "bas de gamme", vu qu'elles seront entièrement recouvertes par
 votre travail fini, avec des peintures de bonne qualité (donc plus chères !) Les étapes suivantes se feront en
 une seule fois, sans attendre que les couches inférieures soient sèches. Il est vivement conseillé de
 travailler pas superpositions rapides de glacis, avec très peu de peinture à la fois. 





Seconde étape :

Nous avons vu le travail de la première "couche technique" sur le paragraphe précédent. C'est le travail de 
reprise et de finition que nous allons voir à présent. Considérons donc que la "couche technique" est terminée. 

Réaliser les mises en place des principaux sujets et du fond de l’eau (à réaliser comme si l’eau n’existait pas, 
comme si le cours d’eau était à sec), sans vous soucier des détails, par touches très rapides et purement 
abstraites, mais très fines. Ce "patinage" doit être très ferme pour bien "encrer" votre peinture que la "couche 
technique" : il faut compter un minimum de 15 à 30 passages de couteau sur le même point, pour bien tasser 
la peinture, mais surtout sans la racler, sans quoi, tout serait à refaire sur la partie concernée en dépassant 
largement. Une fois ce "patinage" terminé, exécuter un premier glacis de finition ?

L'aspect de votre toile sera déjà amélioré (couleurs plus vives, plus "lumineuses"), des touche de couleur 
claire allège la verdure très foncée sur la couche technique, mais il reste encore beaucoup de travail avant la 
couche finale ! 


Continuité des couches :

Après la superposition de 6 couches de peintures, voici un aperçu de l’évolution du travail. Les arbres commencent à prendre forme et le fond de la rivière est prêt à "recevoir l’eau" si j’ose dire. A ce stade, nous entrons dans la phase la plus délicate du travail : placer l’eau sans déranger le fond, tout en respectant les mouvements de ce petit torrent. 

Pour le travail de la verdure : toujours commencer par les parties les plus éloignées de vous, généralement 
les parties à l'ombre, dans des verts très foncés en début de travail, puis en superposant progressivement des 
touches très fines de vert de plus en plus clair, jusqu'à l'obtention de l'effet désiré... ce qui peut demander 
plus de 15 couches superposées. 


Pour illustrer ce qui vient d'être dit, pour la réalisation de l'eau par superposition, voici un aperçu. 
La principale difficulté réside dans la nécessité de rendre le blanc de titane transparent (rejeter le blanc 
de zinc, transparent par nature, mais manque important de stabilité), tout en lui superposant un bleuté 
du ciel, sans oublier les reflets verdâtres du feuillage. Dans le cas présent, ce sont 20 couches ultrafines 
de peintures qui sont superposée dans le frais. 

Très important : le travail de l'eau doit laisser transparaître des rochers du fond : en effet, l'eau est 
toujours transparente, celle des montagnes en particulier... et quoi de plus désagréable à regarder qu'une 
eau qui à l'aspect de lait ou de boue.

En effet l'eau dans les premiers et seconds plans n'est pas bleue, verte, blanche, noire ou autres, elle est toujours transparente, d'où l'intérêt de travailler nos transparences... même si cela constitue l'une des principales difficultés pour un artiste peintre.

Il convient de noter que ce travail des transparences ne se retrouvent pas que pour le travail de l'eau, il se retrouvent aussi dans le traitement des ouvertures vitrées (fenêtres, vitrines, etc.), mais aussi dans le travail des portraits, pour rendre la profondeur d'un regard. 

Les peintres qui ont choisit le mode d'expression abstraite trouveront par cette technique "impressionniste-moderne" un vaste éventail de possibilités de création. Il en va de même pour le mode d'expression surréaliste : réaliser deux ou trois sujets en positions différentes (pour symboliser le corps en mouvement par exemple) peuvent être traités par superposition avec succès par cette technique... Il ne faut pas perdre de vue qu'un long entraînement est indispensable pour maîtriser cette technique pour les effets de transparence (c'est le travail qui demande le plus de rapidité d'exécution, et de "légèreté" dans la tenue du couteau). Un cadence de travail de 5 à 6 coups (minimum) de couteau à la seconde est vivement souhaitée... mais cette cadence peut être doublée et arriver à 10 coups de couteau à la seconde, lors d'un concours par exemple : le résultat n'en est que meilleur, mais alors, des années de pratiques et de bonnes conditions physiques sont indispensables pour obtenir une telle maîtrise. 

Je précise qu'il ne s'agit pas là de battre des records de vitesse, mais simplement de parvenir à réaliser des couches de peintures de plus en plus fines pour parfaire les transparences... avant que la peinture commence à prendre : si non, les couches supérieures entraineraient les couches inférieures, ce qui aurait pour résultat un aspect boueux, donc le contraire de ce qui est souhaité.


Travail d’un tronc d’arbre :

Le travail du tronc de l’arbre (en haut à gauche de la toile) n’est pas à négliger, même si sa réalisation présente 
moins de difficultés que le travail de l’eau. Ci-contre, un aperçu (cliquer deux fois pour agrandir) de l’aspect de
l’écorce du tronc (côté gauche éclairé, le côté droit étant à l’ombre). 

On remarquera que l’effet de lumière est rendu par un glacis de couleur clair (celle du fond du ciel) en couches 
très minces qui laissent transparaître les couches de fonds très opactes, donnant ainsi une impression de relief…
mais sans relief de peinture : la surface reste donc parfaitement lisse ! Seize couches de peinture ont été 
nécessaires pour réaliser cette partie de toile (gros arbre en second plan à gauche de la toile). 






Finition :

Ci-contre: la toile terminée (Petit torrent à Séreilhac, format 130 x 97 cm). Selon ma technique, toutes les 
couches de peinture sont appliquées par touches abstraites très fines appliquées d’un but de pure figuration, 
comme le démontre cette toile. 

Zone de Texte: Site technique de peinture par Pierre Brayard

Rien n’est plus beau que la nature et la peinture l’immortalise… parfois !

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Réalisation d’un cours d’eau en sous bois
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