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Travail de préparation
Selon ma technique, l’usage d’additifs (médiums, siccatifs, vernis à peindre ou à retoucher, essences, etc.) est absolument inutile, voire vivement déconseillés en raison des dangers qu’ils font encourir aux pigments. De plus, pour le travail que nous allons voir à présent, ces additifs ne sauraient que compliquer le travail en rendant la peinture trop « visqueuse » ou trop « liquide ». 

Les mouvements picturaux
Il est un facteur extrêmement important à considérer, même s’il est très rarement évoqué par les "théoriciens de l’art", c’est ce que j’appelle les "mouvements picturaux".

Un dessin qui respecte à la perfection la perspective par ses contours restera "plat" si les mouvements picturaux ne sont pas respectés. Le travail de perspective concerne non seulement les contours des volumes, mais l’ensemble des mouvements picturaux : c’est là la principale des difficultés pour obtenir un effet de relief accentué et sans surépaisseur : chaque coup de pinceau, de crayon ou de couteau doit tenir compte de ce problème, à savoir qu’une surface se représente en deux dimensions alors que le sujet est composé de trois dimensions, mais cette représentation doit conserver son "mouvement" observable en trois dimensions, pour ce faire il convient de croiser les mouvements, les uns étant dirigés dans le sens du volume (verticalement, ou en biais pour les toitures, par exemple) et les autres en direction des points de fuite, comme si chaque mouvement suivait une "fuyante", les seuls mouvements horizontaux étant ceux situés à hauteur de la ligne d’horizon. Dans la pratique, cet exercice n’est jamais facile, mais les résultats sont certains : en travaillant ainsi, vos volumes ne seront jamais "plats". 

Exemple pratique

A titre d’exemple, voici ci-contre une toile (format 130 x 97 cm) de Saint-Yriex-la-Perche (Place Atanne) en Limousin. 

Cet exemple, réalisé en perspective aérienne (toutes les fuyantes des verticales se 
recoupent sur un point de fuite qui est situé au dessus du point de vue, à 15,60 m. 
Dans la pratique, il est pratiquement impossible de le matérialiser (sauf si vous 
travaillez face à un immeuble d’au moins 3 étages, en fixant un petit piton à 16,60 m, 
si la ligne d’horizon de votre toile posée sur votre chevalet se 
trouve à 1 m du sol (15,60 + 1 = 16,60 m). 









Une telle installation permettrait effectivement de vérifier la précision de votre travail, 
mais ce n’est guère réalisable : à ce niveau, l’œil de l’artiste et son sens spatial peuvent, 
avec de la pratique, apporter une solution très acceptable à ce problème, aidé en cela par des mesures à bras tendu pour les débutants.

Cet exemple met en évidence l’existence de plusieurs points de fuite, tous sont situés sur la ligne d’horizon (en rouge). Il convient aussi de prendre en compte les déformations dues à la prise de vue photographique de la toile (impossibles à éviter).

Il est plus facile de suivre les différents tracés : l’original de ce tableau est de grand format. 

Vous remarquerez, avec un grossissement plus important, que chaque partie de la toile peut être assimilée à une œuvre abstraite. Pour réussir un tel travail, il convient de ne jamais dessiner au préalable, sans quoi le résultat obtenu serait du simple coloriage sans caractère !

Si nous analysons en détail les différentes étapes de la réalisation de cette toile, nous constatons que l’arrière plan (maison à colombages) réalisé juste après le ciel… et sans dessin, à un point de fuite situé en dehors de la toile (en A), à 55 cm dans la pratique. L’ensemble des "mouvements picturaux" (ici réalisés au couteau) sont dirigés vers le point de fuite, d’une part, et verticalement d’autre part puisque le point de vue (donc la ligne d’horizon verticale) se situe dans cette partie de bâtiment, en (E). 

C’est le second bâtiment (lignes des fuyantes violettes et point de fuite B) qui est traité ensuite. Attention, à ce niveau, de bien respecter les fuyantes des ouvertures. Ici, la rue est en pente "rapide" donc les portes les plus éloignées sont aussi plus basses. C’est le respect de la perspective et lui seul qui permet de donner l’impression de descente ou de montée. 


Suite de la construction















C’est ensuite le bâtiment aux lignes des fuyantes jaunes (point de fuite C) qui est mis en place. Une remarque importante s’impose : toutes les faces du volume situées du côté droit du point de vue ont toujours leur point de fuite situé à leur gauche, et inversement, les surfaces qui se présentent à gauche ont leur point de fuite à leur droite, même si parfois ce point de fuite est situé très loin du sujet, à plusieurs mètres de votre travail, comme c’est le cas de l’autre face et de la toiture de ce bâtiment (point de fuite à 5,3 m de la toile, mais toujours situé sur la ligne d’horizon).

Les fuyantes (vertes, point de fuite D) de ce bâtiment sont très "plongeantes" ce qui ne fait qu’accroître les difficultés de réalisation, les distances entre les ouvertures sont alors très réduites, ce qui exige un maximum de précision… si l’on veut respecter l’impression de "profondeur" très importante pour le réalisme du travail fini. 


Travail du premier plan


Le premier plan, quant à lui à pour point de fuite le point E (fuyantes bleues). Là encore 
le respect des fuyantes est impératif pour chacun des éléments composant ce plan (toiture, 
ouvertures, détails des ouvertures). La base quant à elle est à représenter en fonction de la 
nature du sol (en pente ascendante ou descendante, ou horizontale, ce qui est assez rare 
sur le terrain) 














Respect des fuyantes

Ce respect des lignes des fuyantes, qui forment un ensemble de "rayons" ayant pour centre le 
point de fuite propre au volume représenté, s’impose également dans le mouvement pictural, 
il s’agit là d’un élément que nous ne devons jamais perdre de vu à chaque coup de pinceau ou 
de couteau, comme sur l’exemple ci-contre, même et surtout si le mur est en pierre de taille, 
l’impression de profondeur pour ce genre de surface est l’une des plus difficiles à réussir. 

Pour les murs construits avec des briques, l’impression de profondeur est plus facile à réaliser,
 simplement en raison des lignes de ciment apparentes qui convergent vers le point de fuite. 
Il ne faut pas perdre de vue également que le mouvement vertical est aussi très important, il 
ne faut jamais le négliger. 

En fait, s’il s’agit d’une perspective aérienne, les mouvements verticaux sont dirigés vers le 
point de fuite de la surface situé sur la ligne d’horizon verticale, selon les mêmes principes 
que ceux applicables à la ligne d’horizon horizontale (ce principe est bien connu des artistes 
caricaturistes en paysage qui n'hésitent jamais à l'accentuer pour donner des effets de hauteur 
ou de profondeur très soutenus). 

















Mise en pratique de la ligne d’horizon

La mise en pratique de ces règles fait qu’au niveau de la ligne d’horizon horizontale, tous les 
mouvements sont parfaitement horizontaux, le geste pictural en dessous est de plus en plus 
"montant" vers le lointain en dessous de cette ligne, pour devenir de plus en plus descendant, 
voire plongeant, au dessus de cette même ligne. Cet effet d’optique est nettement moins 
accentué pour la ligne d’horizon verticale, mais il n’est pas à négliger, surtout pour les 
artistes attirés par l’expression caricaturale (exagération artistique des règles fondamentales, 
dont celles de la perspective)




























Le travail fini

Le travail de la perspective demande une attention constance et est très souvent une contrainte pour l’artiste. Cependant cette difficulté se surmonte assez facilement si l’on respecte ces quelques règles de base. Pour l’artiste débutant, il est vivement déconseillé de commencer par des sujets compliqués, une seule maison suffit amplement pour un début. A noter qu’il est toujours possible de réaliser une toile sans bâtiment… ce qui simplifie beaucoup le travail de perspective, la profondeur se réalisant alors par les effets de dégradés des couleurs, comme nous allons le voir dans d’autres exemples, notamment pour réaliser un sous bois ou un plan d’eau.

C’est dans le travail des "marines" que le problème de la perspective est le plus simple: la ligne d’horizon étant toujours matérialisée par la ligne qui sépare le ciel de l’eau. Voici donc en résumé le résultat de ce qui vient d’être dit, ci-dessous le tableau de Saint-Yrieix-la-Perche (87) sans ses fuyantes.. 
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Analyse d’une toile

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Mise en pratique de la ligne d’horizon

 

Ligne d’horizon

Point de fuite A

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