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Que sont les additifs ?
Pour la stabilité des mélanges, comme des peintures sorties des tubes, c’est à chaque artiste de tester les peintures de ses choix, mais ces tests demandent beaucoup de temps (minimum 2 ans) et du matériel !

C’est donc pour permettre à chacun de connaître la nature réelle, le mode d’obtention et de sérieuses indications sur les caractéristiques chimiques des pigments que l’on entend utiliser que je propose des explications complémentaires. Elles sont assez peu attrayantes en raison de ses considérations plus "théoriques" que pratiques, je vous l’accorde volontiers, mais leurs connaissances sont presque indispensables à un professionnel digne de ce qualificatif.

Bien sur, ces considérations remettent en cause de nombreuses théories en éliminant les pigments les plus instables ou les plus dangereux en mélange : A ce niveau, c’est à chacun de faire ses choix, mais en connaissance de cause. 
Il est remarquable de constater qu’une très grande majorité de peintres fait un très large usage d’additifs… mais combien en connaissent les risques pour la stabilité de leur travail, ne recherchent-ils pas en fait la facilité ? Recherche il est vrai, fortement encouragée par les fabricants et les revendeurs. Voyons à présent certaines réalités !

Les huiles

l’addition d’huile dans une peinture ralentit les temps de séchage et ajoutent une proportion de matière "grasse" qui n’est pas sans influence sur la règle fondamentale de toujours peindre "gras sur maigre": l’huile "dilue" la peinture en la rendant plus grasse. C’est l’huile de lin et l’huile d’oeillette qui sont le plus utilisées en peinture à l’huile, mais l’huile de carthane (*) ou la résine sont aussi utilisées.

L’huile de carthane: La carthane est une plante que l’ont trouve en Amérique du Nord et dont les graines (entre 800 et 3.000 par plante) sont très riches en huile (de couleur rouge), entre 10 et 20 % de leur poids, selon les années. Plus claire que l’huile de lin, elle sèche (s’oxyde) aussi plus rapidement. Elle est souvent utilisée pour la fabrication des vernis et comme liant pour les peintures. 

Les siccatifs

Contrairement aux huiles, les siccatifs accélèrent le temps de séchage de la peinture à l’huile. Certains artistes se servent de cette particularité pour corriger les temps naturels de siccativation entre les différentes couleurs de peinture à l’huile, bien que ces dernières sèchent (ou s’oxydent, plus exactement) toutes naturellement. Cette correction se justifie par le fait que certains pigments (noir d’ivoire, par exemple) ralentissent considérablement l’oxydation de l’huile. 

Contrairement à ce qu’affirment certains, l’usage de siccatifs n’est pas indispensable, et je le déconseille en raison de ses effets négatifs sur les pigments. En effet, une dose de siccatif de plus de 4 % du volume de peinture provoque une notable altération des couleurs. La solution la plus radicale consiste donc simplement à ne pas en utiliser et à laisser de côté les pigments dont l’usage est dangereux pour la qualité du travail, comme le noir d’ivoire (sans même parler de son important risque de craquelures) par exemple: l’usage du noir de mars (un oxyde de fer très stable) lui est nettement préférable, même s’il est moins transparent. 

Les médiums

Les médiums se présentent sous deux formes: liquides ou pâteuses, en bouteilles pour les premiers et en tubes pour les seconds. Ils sont fabriqués à base de résines naturelles ou synthétiques et sont destinés à être mélangés aux couleurs. 

Les médiums, selon leur nature, font varier la brillance et la transparence, ils modifient la texture de la peinture (la rendant plus liquide ou plus épaisse), ils accélèrent les temps de séchage, et pour certains, ils augmenteraient la résistance de la peinture au vieillissement (aux dires de certains fabricants... sans preuve convaincante !). Là encore, leur usage n’est pas indispensable et demande une grande prudence lors de leur emploi, leur excès engendre toujours des effets indésirables ! 

Les vernis

Fabriqués le plus souvent à base d’essence de pétrole ou de térébenthine ou de résines naturelles, ils sont utilisés pour protéger les œuvres et aussi, dans certains cas, pour obtenir des effets. 

Il existe deux types de vernis: le vernis de finition et le vernis à retoucher. 

Le vernis de finition se présente sous forme de liquide en flacon ou en aérosol (cette dernière présentation n’est pas conseillée, son usage n’est pas facilité, mais incite l’artiste à vernir ses toiles trop tôt, avant que les peintures ne soient suffisamment oxydés, ceci à des fins commerciales le plus souvent). 

Il est utile de préciser que pour vernir une toile dans de bonnes conditions qu’il convient d’attendre un an, parfois davantage pour les peintures "en épaisseur", 6 mois étant le stricte minimum pour les couches de peinture minces, après la fin de la mise en place de la dernière couche de peinture. Ce vernis est donc utilisé une fois l’œuvre terminée. 

Le vernis de finition protège la peinture des éléments extérieurs (pollution atmosphérique, griffures, etc.) mais présente aussi la particularité "d’absorber" la mince pellicule d’oxyde, de couleur gris-clair, qui se dépose à la surface de la peinture en raison de son oxydation, redonnant ainsi tout l’éclat aux couleurs. Son application est donc pratiquement indispensable ! 

Le vernis à retoucher, bien que d’usage très courant, n’est absolument pas indispensable. Ce type de vernis est réalisé avec des résines mastic ou de dammar. Il facilite certainement les retouches du fait qu’il renforce l’adhérence des couches entre elles, mais uniquement sur des couches déjà sèches, donc cette particularité est inutile avec la technique "impressionniste-moderne" qui se caractérise par des superpositions de couches de peintures sur d’autres encore fraîches. En cas d’urgence, une fine couche de vernis à retouché peut être appliquée sur une peinture insuffisamment sèche en vu d’une présentation en exposition (pour raviver les couleurs en absorbant la pellicule d’oxyde dont l'effet est particulièrement sensible sur les couleurs foncées). 

Peinture sans ajout

Après ce rapide aperçu d’ensemble sur les additifs, voyons à présent ceux qui nous intéressent, et pourquoi.

Je pense inutile de rappeler que ma technique "impressionniste-moderne" diffère en de nombreux points des techniques "traditionnelles" encrées sur des connaissances anciennes, voir absence de connaissance pour certains… plus nombreux qu’il n’apparait… mais qui ne le reconnaitront jamais !. 

Pour le peintre "impressionniste-moderne", le problème de la siccativité des peintures entre chaque couche ne se pose pas, vu que ces couches de peinture sont superposées "dans le frais", c'est-à-dire sans attendre que les couches inférieures soient sèches et ce au couteau. Une telle pratique n’est possible que par un patinage intensif et très rapide des couches inférieures pour en agglomérer les pigments tout en faisant remonter en surface les excès de liant. Cette technique rend donc inutile l’usage d’un apport de siccatif, en évitant ainsi les altérations des pigments qu’il serait susceptible de provoquer.

Concernant l’ajout de liant, pour notre mode de travail il est totalement inutile, d’autant plus que les fabricants sont déjà porter à en utiliser un maximum. Le travail au couteau supporte très bien l’usage de peinture un peu ferme : une peinture trop "liquide" ou trop visqueuse ne facilite en rien le travail au couteau, bien au contraire. Il est donc inutile de faire les frais de liants complémentaires.

Pour ce qui concerne les médiums, comme pour les ajouts de liant, ils sont inutiles également. Cependant, il est vrai que certains de mes élèves dans leurs débuts, utilisent un peu de médium en tube, comme le médium flamand, ce médium rend les peintures plus transparentes. Avec un peu de pratique, l’usage des médiums devient inutile, surtout le médium flamand qui est plus "collant" et sèche trop rapidement, donc le risque de déranger les couches inférieures est plus grand.

En ce qui concerne les vernis à retoucher, comme tous les additifs à ajouter à la peinture, le vernis à peindre est inutile pour le peintre "impressionniste-moderne", bien au contraire, il complique le travail en fluidifiant la peinture. En revanche, l’usage du vernis de finition est indispensable... une fois les peintures sèches (oxydées).
Le vernis de finition est à appliquer au moins un an après la fin du travail de peinture, mais cependant, son application pose souvent des problèmes en raison de l’état de la surface des toiles, nettement plus lisse que la peinture travaillée au pinceau ou par une technique classique au couteau. 

En effet, la suite de glacis a pour résultat une surface très lisse, pratiquement sans stries et le vernis éprouve de grandes difficultés à "accrocher" la couche supérieure de la toile et risque de se "regrouper" en formant des sortes de flaques très disgracieuses. Il est donc très important de faire porter nos choix sur des vernis de finition de très haute qualité et de travailler à une température supérieure à 25° celsius (centigrades). 

Ainsi, dans mes débuts, j’utilisais des vernis à base de gomme Dammar et des vernis Copal. Malheureusement, leurs modes de fabrication ont probablement changés, ils ne sont plus aussi "accrocheurs" que par le passé. C’est donc vers le vernis acrylique que c’est porté mon choix. C’est à chacun qu’il appartient de rechercher un vernis "accrocheur" est très résistant. N’oublions pas que le principal rôle du vernis final consiste à protéger la toile des griffures et de la pollution, tout en lui rendant son éclat original en absorbant la pellicule d'oxyde qui se dépose en surface de la peinture après oxydation..

Le vernis de finition s’applique en deux temps, ou en deux couches plus exactement. Une première couche très légère avec un vernis légèrement dilué, sur une surface très propre, et si possible, à une température voisine de 25° Celsius. Attendre deux jours pour appliquer la seconde couche : il est important de bien "tirer" le vernis en croisant les coups de pinceau lors de son application. 
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