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Quel artiste, lors de ses débuts, ne s’est jamais trouvé face à des problèmes d’achat de matériel et, concernant les outils, et sur la manière de s’en servir ? 

Je me souviens de mes débuts et des difficultés qui furent les miennes. C’est pour venir en aide aux artistes débutants et amateurs que je donne ces informations de la manière aussi simple et concrète que possible. 

Il va de soit que mes conseils concernant la sélection du matériel concernent avant tout le mode d’expression "impressionniste-moderne" pour la tenue des couteaux, par exemple, mais ils sont applicables à tous les autres modes d’expression.

Je crois utile également de préciser la manière de réaliser soi-même les châssis de très grandes dimensions (+ de 3 m²), bien que ce genre de travail soit plus du ressort d’un menuisier que de l’artiste peintre : réaliser nous-mêmes nos supports permet de réaliser des économies très substantielles, et surtout une très grande liberté dans le choix des formats et de la qualité des toiles. 

Achat des couleurs
L’achat de la peinture n’est jamais à négliger. En effet, c’est de lui que dépendra l’aspect du travail de l’artiste et sa longévité dans le temps (un plus apporté par la stabilité des pigments utilisés).

La grande majorité des artistes travaillent leur peinture au pinceau, tout simplement. D’autres se servent du couteau, pour obtenir un travail en épaisseur, le plus souvent. Certains enfin font volontiers usage de leurs doigts pour donner certains effets, mais il est également possible de travailler la totalité d’une toile au doigt. Il existe encore d’autres moyens, par pulvérisation (aérographe), ou autres pratiques des plus fantaisistes qui s’éloignent de plus en plus d’un travail sérieux (patte de chien ou de chat, corps humain, queue d’un animal, projection de sable, voire d’excréments, etc.). Je ne fais ici que signaler leur existence sans leur accorder d’intérêt.

Nature des pigments
Chacun peut constater que de nombreux fabricants de peinture abondent dans l’obscurantisme en matière de composition chimique de leurs produits. Une réglementation bien faiblarde et rarement respectée fait en sorte que la composition chimique apparaisse sur les tubes ! La clarté n’étant pas de règle, c’est souvent sous forme de symboles très discrets (en très petits caractères) que nous les retrouvons parfois. D’autres écrivent les noms des principaux pigments en toute lettres… oubliant volontiers, le cas échéant, l’ajout de charges ou d’autres pigments "de compléments" (parfois incompatibles avec le principal).

J’ai cherché des précisions dans les documentations techniques des fabricants. Beaucoup de publicité… et de mensonges , tous sont les meilleurs ou presque, évidemment. Ils ne sont pas avares de "labels", ces "labels" n’ont cependant rien de significatif en matière de qualité de leur composition et l’artiste se trouve souvent "démuni" devant ces codes "d’initiés" !

J’ai conscience d’aborder ici un sujet qui fâche les détenteurs de la "science infuse" ! En effet, une très grande majorité d’artistes est convaincue que seules leurs couleurs sont "valables", voire les meilleures, ceci non en vertu de connaissances scientifiques (qui leurs font très souvent défaut) mais simplement de propos entendus ça et là par certains "petits pontes" locaux ou de traités lus dans des livres écrits sans aucune base sérieuse, à des fins purement commerciales (soit plus de 95 % d’entre eux !) C’est ainsi que ceux qui ne voient que par une marque, sans discernement des différents pigments, sont légion ! Oublions donc ces "certitudes" d’être "le meilleur" et ouvrons nos yeux !

Lorsque nous entrons dans un magasin de fournitures pour artistes, des centaines de produits de toutes sortes nous sont présentés, ce qui complique considérablement les choix des débutants. Il est donc vivement conseiller, avant d’entrer, de savoir très exactement ce dont nous avons besoin et de faire respecter nos choix, quitte à "changer de boutique" si besoin est, ce qui est souvent le cas, ou de passez pour un "ce que l’on est pas forcément" !

Nous devons savoir aussi que très rares sont les revendeurs qui possèdent de réelles connaissances sur la qualité de leurs propres produits, l’important, pour eux, c’est de vendre, et de vendre un maximum… le plus cher possible ! Leurs "connaissances" sur les produits qu'ils vendent leurs sont généralement données par les représentants ou autres catalogues des marques qu’ils ont en rayon, ou par des petits pontes locaux qui "savent tout" ! Leurs intérêts vont donc souvent à l’encontre de ceux des artistes, très souvent ! Il en va de même, encore plus souvent, des fabricants ! 

J’ai d’excellentes raisons d’avoir la "dent très dure" en matière de fourniture car il m’appartient de respecter avant tout les intérêts de ma propre clientèle : ainsi, à mes yeux, vendre une toile réalisée avec des pigments instables à une personne qui me fait confiance et apprécie mon travail, serait malhonnête et m’exposerait à des reproches parfaitement justifiés ! 

Choix des marques
Pour donner un rapide aperçu des peintures que l’on trouve dans le commerce, en voici quelques unes parmi les principales :

La peinture ci-contre est celle que j’utilise en couche de fond. Bien que de qualité inférieure, elle n’en est pas moins très intéressante 
en raison de son coût très bas. Son intérêt se porte essentiellement sur les tubes de 225 ml vendus 7,95 € (52,15 F le tube) chez le 
fournisseur "le géant des arts".

Haut de gamme :









Excellente qualité :










Peintures de qualité moyenne :

Les peintures ci-contre et ci-dessous sont des peintures acceptables sans plus, mais de qualité bien moyenne au regard des trois précédentes qui relèvent de la plus haute qualité, selon mes tests (contrôle de résistance, utilisées pur et en mélange avec différents pigments exposés aux rayons solaires, avec une très forte pollution (en diverses périodes) dans une cuve d’essais, avec émanations de vapeur d’acide sulfurique, puis de soude caustique, d’ammoniaque, d’acide chloridrique, sans oublier les fortes variations hydrométriques et thermiques, sur des périodes de plus de deux ans : accélération du "vieillissement"). 

Nous trouvons, de qualité voisine, "Norma", "Lukas", "Rembrandt", "Sennelier", "Lefranc & Bourgeois", etc. 
 























Peinture de bas de gamme… et bon marchés !















En Résumé

Il reste à chacun d'effectuer ses choix personnels en fonction de ses objectifs... et de ses moyens : Les peintures de gamme moyenne donnent également des résultats acceptables pour les travaux de finition des artistes amateurs, c’est du moins ces peintures que je conseille à mes élèves à leurs débuts (prix de revient moins élevés qu’avec des peintures de haute gamme comme Hold Holland, Mussini ou Bloocks.

C’est à chacun d’effectuer le choix qui lui convient le mieux… ce choix étant, malheureusement, trop souvent imposé par les prix, tous les artistes ne sont pas fortunés et les peintures à plus de 1.500 € le litre donnent à réfléchir… même si elles sont d’excellentes qualités, c’est rarement le meilleur des choix qui préside dans la pratique, en raison de considérations financières ! 


Attention aux « petits filous » !


Déjouer les pièges : 

Et oui, il existe de nombreux "filous" (voire de véritables escrocs) dans le monde de l’art ! Cela me place dans l’obligation de vous apporter des précisions pour déjouer "leur commerce", car c’est à ce niveau que l’on en rencontre le plus. 

Entrer dans un magasin, se précipiter vers un étalage de telle ou telle marque et prendre les couleurs en fonction de leur aspect dans le tube ou sur l’étiquette est certainement la dernière des choses à faire… si l’on ne veut pas se laisser "rouler dans la farine", ou plus exactement dans la poussière de craie… presque au sens propre du mot !

Il existe de très nombreuses couleurs qui sont très belles et qui dépassent même nos espérances lorsque nous ouvrons les tubes, mais attention, il ne faut pas tomber sous le charme et surtout ne jamais avoir pour certitude le fait que, puisque qu’elle est de telle marque, qu’elle soit "forcément" stable ou de bonne qualité, même si le fabricant l'affirme sur ses prospectus commerciaux !

En principe, lorsque nous achetons un tube de peinture, nous devrions pouvoir faire confiance aux données des fabricants… et aussi aux conseils des vendeurs : si nous ne voulons pas être pris pour des "pigeons", ne commettons jamais cette erreur! 

La publicité mensongère est surprenante dans ce milieu (très rares sont les agents de la répression des fraudes qui possèdent des connaissances en matière de chimie pigmentaire et le pourcentage de la population concernée par certains "trafiques" étant insignifiant, nos très chers fonctionnaires ont mieux à faire et laissent les artistes se débrouiller, mais il faut aussi reconnaître que s’informer sur ce sujet est aussi très difficile et demande des connaissances scientifiques très spécifiques ! 

Quelles sont les pratiques malhonnêtes à neutraliser ? Elles se situent surtout au niveau des fabricants de peinture, elles sont mêmes souvent ignorées des revendeurs, qui sont plus des marchands que des techniciens ou des chimistes ! En voici quelques exemples très significatifs.

Il nous est facile de constater que tous les fabricants sont les "meilleurs", d’après eux… ! Tous nous proposent des tubes avec des indications de stabilité, voire de miscibilité (stabilité en mélange). Ces indications varient d’une marque à l’autre et sont généralement précisées par des étoiles imprimées sur les étiquettes ! Mais déjà, à ce niveau, imprimer une ou deux étoiles en trop ne coûte pas très cher… et ça favorise la vente auprès des "gogos" ! Ne soyons pas ces "gogos" !

Certains fabricants comme Lefranc & Bourgeois, par exemple se limitent à trois étoiles pour préciser que la couleur du tube serait de stabilité absolue et toujours miscible (caractéristique précisée par un "M" écrit en rouge sur le tube). Partant de là, le chaland (vous ou moi) serait en droit d’acheter en toute confiance ! D’autres fabricants font encore beaucoup mieux, les étoiles ne coûtant pas chers et ne subissant aucun contrôle extérieur à la marque, en rajoutent volontiers une ou deux de plus ! Pourquoi pas, si un nombre importants de "benêts" les achèteront les yeux fermés, convaincus d’avoir acheté les "meilleures des peintures" ! 

Ajouter à cela le fait que nous "évoluons", c'est-à-dire que tout change (pas forcément en bien !) Ainsi, certains fabricants très sérieux voici 30 ans, qui possédaient un personnel compétant, soucieux de fabriquer des produits de qualité, qui, aujourd’hui, suite à des tractations commerciales nourrissant le seul souci de rendement, produisent à présent des peintures tout juste bonnes à amuser les gosses des écoles maternelles… tout en ayant pris le soin d’ajouter un maximum "d’étoiles" à des peintures qui seraient invendables sans elles... et qui n’en n’avaient pas, dans leur propre marque quelques années auparavant (mais les dirigeants changent, alors…) ! 

Je prends pour seul exemple une des marques les plus connues en France, la marque Lefranc & Bourgeois, une marque avec laquelle j’ai travaillé pendant plus de 25 ans ! Dans les années 70, j’ai suivi un stage d’information à leur usine du Mans ! Là, j’avais eu la chance de rencontrer des ingénieurs chimistes passionnés et fiers de leur travail ! J’ai appris beaucoup à leur contact et, dans le cadre de notre association (Ordre International des Artistes Créateurs, avec près de 3.000 adhérents à l’époque), je me rendais régulièrement à l’usine chercher du matériel et de la peinture (mais uniquement dans les pigments stables), un camion en moyenne par mois (je crois même avoir été leur meilleur client, dépassant le chiffre d’achat des grandes surfaces spécialisées !) Hélas, dans les années 80, la marque a été reprise par une société anglaise, ce qui a sonné le glas de la qualité des peintures Lefranc & Bourgeois, même si la marque a été conservée (l’image de marque, ça fait bien, mais attention à ce que cache cette image !)

Les tubes se sont faits de plus en plus "légers", les "outremers" sans étoiles se sont retrouvés avec trois, de nombreuses peintures aux pigments stables ont été supprimées (trop chers à la fabrication, peut-être…), une grande partie du personnel a été licencié, la marque ayant sombré au bord de la faillite, ce qui ne surprenait personne, vu leur politique commerciale. Reprise ensuite pour céder aux "techniques de la grande fabrication", mais au mépris de la qualité : faire de l’argent est devenu, semble-t-il, le principal souci d’un nouveau personnel pédant abondant volontiers dans le snobisme (au niveau de l’encadrement) et, ce qui est plus grave, ignorant, voire méprisant, les conceptions de leurs prédécesseurs. De plus, en dépit des quantités, il était devenu impossible aux artistes professionnels de se fournir à l’usine, ces ventes directes étant réservées à "l’administration" (écoles, etc. !) Malgré cela, si les peintures avaient conservé leurs qualités, j’aurais probablement continuer à travailler avec cette marque à titre personnel, hélas, il n’en était rien ! Sur une palette de plus de 150 couleurs, seuls 11 d’entre-elles avaient résisté à nos tests de stabilité en 1990 (contre 42 en 1980). 

Il est donc important de contrôler régulièrement la qualité des couleurs que nous utilisons et de les comparer avec celles des autres marques ! Ainsi, par exemple, dans la gamme Pébéo, seules 4 couleurs ont subit nos tests avec succès. Dans la gamme Sennelier, la sélection positive se limite à 14 couleurs, la marque belge Bloocks fait mieux avec 34 couleurs stables, la marque anglaise Daler-Rowney fait à peine mieux que Pébéo avec 5 couleurs, la marque allemande Schmincke, en qualité Mussini arrive à 28 couleurs stables ! La marque "championne" toutes catégories, si j’ose dire, est la marque hollandaise "Hold Holland" qui propose, selon nos tests toujours, 82 couleurs fiables (tests de 2008-2009) ! Son principal handicap se limite à son prix de vente (même si elle n’est pas toujours la plus chère)… mais n’est-elle pas aussi la seule marque au monde à s’interdire par contrat les falsifications des couleurs par des charges de craie, de plâtre ou d’hydrate d’aluminium ? Voici les mécanismes couramment utilisés pour tromper les artistes sur la nature des pigments vendus.

Si nous prenons, par exemple un kilo de pigment de cobalt pur, il en coûtera environ 650 euros (selon les cours), soit un peu plus de 4.000 FF (prix fabriquant). Il est évident que le prix de revient d’un tube de peinture reviendra beaucoup plus cher pur que si on lui ajoute ce que nous appelons "une charge". 

Ce système de "charge" consiste à ne prendre que la moitié de pigments chers, voire 1/5ème ou encore moins pour certaines marques, et de remplacer la partie manquante par de la craie, du sulfate de baryum ou de l’hydrate d’aluminium qui coûtent moins de 0,75 euros le kilo ! Ainsi, pour cet exemple, si le fabriquant utilise réellement du cobalt (des imitations bon marché existent, mais les fabricants honnêtes le précisent sur leurs tubes) pour réaliser un kilo de peinture (hors liant), il utilisera soit un kilo de cobalt pur (comme Hold Holland) qui lui coûtera 650 euros, ou, comme le font de nombreux fabricants, il utilisera 200 grammes de cobalt (130 euros) et 800 grammes de charge (0,6 euros), soit un prix de revient de 130 + 0,6 = 136 euros seulement ! Dans la grande distribution, nous trouvons même des peintures avec seulement 5 % de cobalt, vendues avec un étiquetage de "Violet de cobalt" ou "bleu de cobalt" ! Aucune réglementation n’imposant un minimum du pigment qui donnera son nom au produit : c’est la porte grande ouverte à la filouterie, et nombreux sont ceux qui ne perdent pas de si bonnes occasions pour abuser facilement et légalement les acheteurs !

Donc attention, les peintures trop bon marché cachent de nombreux pièges, les fabricants qui pratiquent ainsi sont les plus nombreux (au niveau mondial) : ils trouvent plus rentable de vendre leurs "mixtures" très chers que de se soucier de la qualité de leurs produits, la soif de profits est insatiable pour un grand nombre d’entre eux ! 

Il existe un moyen simple de comparer le pourcentage de pigments véritables d’une peinture par rapport à une autre : il suffit de comparer leur poids, à volume égal : la peinture de bonne qualité sera toujours plus lourde que les autres, les pigments, surtout métalliques (que je conseille, sauf le plomb, le zinc et les sulfures de cadmium dérivés du zinc), sont toujours plus lourds que les charges utilisées. Il existe une exception plus difficile à déceler par une éventuelle différence de poids, c’est l’usage du sulfate de baryum pour falsifier la peinture, en effet, son poids est relativement important (Le baryum est un métal mou et lourd, c’est un élément alcalino-terreux, de numéro atomique Z=56 et de masse atomique M=137,34 (symbole Ba), avec une densité 3,5 à 20°C. En fait, c'est son sulfate, qui est un des sels les plus insolubles, qui est utilisé comme charge dans les peintures, une charge par ailleurs bien dangereuse pour les pigments eux-mêmes... et de surplus, très toxique (utilisé aussi pour fabriquer de la mort aux rats !)

Actuellement j’effectue de nouveaux tests de stabilité sur plusieurs marques : mais les résultats ne seront connus qu’en octobre 2010 (commencés en avril 2008) : de tels tests demandent beaucoup de temps, et renvoient souvent très loin ceux des fabricants : ils sont sans aucun doute plus objectifs, les peintres ne disposent d’aucun intérêt à favoriser une marque par rapport à une autre ! Dans la même marque, il existe aussi des pigments instables ou qui supportent très mal la miscibilité ou la pollution atmosphérique : nos tests sont impitoyables à ce sujet !

Il existe encore un autre moyen de falsifier les couleurs, très souvent utilisé en complément des "charges" et qui utilise le même principe pour réduire les prix de fabrication : il consiste simplement à utiliser de la poudre, de "gel" et de la cire à l’huile pour obtenir une peinture très pâteuse, ce qui permet d’utiliser nettement moins de pigments. Inutile de préciser que l’ajout d’huile de lin est généralement poussée au maximum : l’huile de lin coûte beaucoup moins chère que les pigments, généralement ! Malgré cela, de nombreux peintres se croient encore obligés d’ajouter de l’huile à leur peinture à la sortie des tubes, une erreur technique grave (recherche de la facilité dans le travail le plus souvent) qui provoquera le brunissement de leurs œuvres dans le temps.

Une autre pratique courante consiste à utiliser des huiles crues de seconde pression, voire des huiles pressées à chaud, très nettement moins chères que les huiles vierges de première pression, pressées à froid et blanchie au soleil (l’un des principaux composants des peintures de qualité). Cette huile vierge contient en effet le maximum d’acides qui favorisent l’oxydation du liant et la polymérisation, les peintures deviennent ainsi plus dures et plus stables dans le temps.

Il est utile de préciser que peindre avec de la peinture contenant des excès d’huile provoquera une surface présentant des rides et un brunissement rapide des couleurs. Il est donc inutile, voire dangereux pour la qualité de l’œuvre d’ajouter des liants aux peintures du commerce !

La peinture n’est cependant pas une chose réservée aux seules personnes fortunées ! Si en effet, en revenant à mon exemple de pigments de cobalt (parmi les plus chers), les tubes de peinture sont relativement chers, à savoir environ 65 € le tube de 60 cm3 (violet de cobalt) en pigment pur chez Hold Holland (peinture de haut de gamme au prix moyen du commerce en 2009), ce prix tombe, dans les bas de gamme à entre 6 et 8 € chez Daler-Rowney pour le même volume. Bien que l’aspect de ces peintures soit très semblable à la sortie du tube, la différence de qualité se fait immédiatement ressentir dès les premiers coups de pinceau ou de couteau. La peinture Old Holland est beaucoup plus fine, plus onctueuse et surtout très nettement plus couvrante, la puissance de cette couleur est remarquable, son intensité laisse très loin derrière elle presque toutes les autres marques et elle offre le maximum de stabilité dans le temps ! Il n’en va pas de même pour les peintures de bas de gamme, mais le prix n’a aussi rien de comparable !

Alors, comment faire sur le plan pratique ? Très rares sont les artistes qui disposent de suffisamment de moyens financiers pour s’offrir des pigments à plus de 1.500 €, (+ de 10.000 FF) le litre, cela donne à réfléchir, surtout pour les amateurs ! Après différents tests pratiques j’ai retenu un moyen simple de contourner cet obstacle financier, tout en conservant les qualités des pigments purs ! Voici comment je procède.

Les toiles vendues dans le commerce comportent le minimum d’enduction pour être "prêtes à peindre", donc en attendant que mes élèves soient à même de les monter eux-mêmes comme je le fais, je leur fais acheter des toiles "standard" que je leur conseille d’enduire avec quatre ou six couches d’enduction complémentaires en acrylique (à poncer légèrement entre chaque couche et un peu plus intensément pour la dernière). Des couches supplémentaires sont parfois nécessaires pour "noyer" les imperfections de tissage de la toile (parfois 8 à 10). Pour vos supports, monter soi-même ses toiles est vivement conseiller, le choix de toile achetée au rouleau est plus avantageux, et donne la possibilité d’en choisir la qualité (je reviendrai sur ce sujet).

Selon ma technique, il n’est pas question de dessiner avant de peindre pour ne pas altérer la qualité des pigments et permettre un maximum de spontanéité dans le travail, je fais appel aux peintures de bas de gamme ou de gamme moyenne (Amsterdam de chez Talens, Lefranc & Bourgeois, Daler-Rowney, Winsor et Newton, Sennelier, Marie’s, selon la région ou le pays où je travaille) pour effectuer ce que j’appelle "une base technique", c'est-à-dire qu’à ce niveau, je peins mon sujet sur la totalité de ma toile, d’après nature, "sur le terrain" (ce que font tous les amateurs, et certains "professionnels", qui ne travaillent qu’avec une couche de peinture). Ce premier travail revient donc relativement bon marché mais resterait ouvert à une critique justifiée quant à sa qualité, bien que le sujet soit réalisé dans son ensemble, avec l’aspect coloré que j’entends lui donner une fois mon travail terminé.

A ce stade, je laisse reposer ma toile jusqu’à ce que l’oxydation (séchage) permette de poncer la peinture pour en enlever les oxydes de surface et creuser des stries microscopiques à sa surface pour bien "accrocher" les couches finales qui viendront en superposition totale de mon travail de base. Ces couches de finition constituent un impératif incontournable, si l’on veut réaliser un travail de haute qualité. Pour le travail de finition, il est très important de faire usage de peintures de haut de gamme, aux pigments purs, pour une création de qualité : l’aspect de la toile est alors métamorphosé et n’a plus rien de commun avec l’aspect de la "base technique". Les couches de peinture du travail de finition (selon ma technique toujours) sont ultrafines et nombreuses (de 3 à 15, voire 20 parfois pour les transparences de l’eau par exemple, toutes réaliser "dans le frais", c'est-à-dire sans attendre un temps de "séchage" entre chaque couche : le temps de séchage entre la couche de fond (base technique) et les suivantes se justifie par le souci de ne pas mélanger les "charges" des peintures du fond avec les pigments purs (peintures de la marque Hold Holland le plus souvent). Le travail terminé de cette manière n’a rien à voir avec l’aspect que présentait la base technique, bien que le sujet soit traité exactement de la même manière… et que les couleurs utilisées portent la même appellation... ce sont les pigments qui ont changé : ils sont purs et sans aucune charge et superposés les un sur les autres pour accentuer les valeurs en créer de nouvelles nuances en augmentant les valeurs de chacune !

En finition, nous utilisons en fait beaucoup moins de peinture de haute qualité que si notre travail était réalisé sans base technique, réalisant ainsi une économie très substantielle pour un résultat présentant les mêmes qualités que si l’on utilisait dès le départ de peinture de haut de gamme (ce qui est toujours possible, mais beaucoup plus onéreux). Le résultat est une peinture présentant un maximum de puissance et d’intensité chromatique tout en assurant une résistance quasi-totale à la lumière et à la pollution atmosphérique (à condition d'effectuer une sélection très rigoureuse, excluant tous les pigments peu stables et non miscibles, comme je le précise et traitant de chimie pigmentaire).

Au niveau des sélections des pigments, les tests pratiques sont indispensables, les indications des fabricants étant volontiers très aléatoires, donc, même dans les "hauts de gamme" une sélection complémentaire s’impose pour ne conserver qu’une bonne quinzaine de couleurs : les plus solides, celles qui résistent aux pires des conditions auxquelles mes tests les soumettent (lumière solaire intense sous vitre, pollution maximale (gaz sulfureux, ammoniaque, chlore, hydrocarbures, etc.), écarts de température très importants [de + 80 à – 20° C], hydrométrie très variable), sur plus de deux années !

Petite précision : Si je travaille généralement avec des gros tubes (225 cm3) c’est simplement parce que le prix de revient de mes couleurs est plus avantageux et aussi, comme je peins beaucoup, pour ne pas avoir à changer constamment de tube, ce qui occasionne toujours une perte de peinture (vider un tube à 100% est pratiquement impossible), mais les petits tubes (40 cm3, je déconseille ceux de 20 cm3) sont néanmoins conseillables pour les couleurs d’appoint, les moins utilisées (variables selon les artistes et leurs sujets de prédilection). Pour les amateurs, les petits tubes (40 ou 60 ml) sont préférables à ceux de 225 cm3 (sauf pour le blanc de titane, peut-être, et les couleurs de fond en bas de gamme).

Dans tous les cas d’espèce, l’artiste doit toujours tenir compte du fait que dans le temps l’excès d’huile de lin brunit, que les pigments tels que les chromes de plomb virent du jaune citron au rouge foncé lorsqu’ils sont mélangés avec des sulfures (comme les cadmiums) et qu’un mélange mal conçu avec des couleurs mal sélectionnées devient de plus en plus foncé et plus noir avec les années… sans négliger les risques de craquelures, première étape vers l’écaillage pur et simple ! Avec l’usage de siccatifs (parfaitement inutiles), en plus d’une conservation plus problématique de l’œuvre, l’aspect "peau d’orange" de la surface de la peinture est à redouter.

Bien que très rares soient les artistes qui se soucient ainsi de la qualité de leur travail (tendance moderne qui consiste en la recherche de la facilité et de la rentabilité, détestable s'il en est), elle n’en est pas moins indispensable pour tous ceux qui respectent leur public. Cette sélection est d’ailleurs très facile de nos jours en raison des progrès de la science et du très large éventail de pigments à notre disposition. Une fois cette sélection effectuée, il n’est plus utile de revenir dessus, mais nous travaillons alors avec "l’esprit léger", étant certains que nos travaux seront d’excellente qualité, de nature à satisfaire aux exigences de la plus difficile des clientèles : celles de collectionneurs professionnels, même si notre principal élément moteur consiste en l’amour du travail bien fait, le respect d’impératifs techniques et chimiques est indispensable... à mon sens !

Il va de soit que ceux qui entendent peindre uniquement pour leur plaisir, ont également tout intérêt à suivre ce mode de sélection pour éviter de désagréables surprises : il n’est jamais très agréable de constater qu’un coucher de soleil très lumineux, par exemple, deviennent gris en quelques années, cheminement naturel vers un gris anthracite que nous retrouvons dans les travaux de certains "maîtres" (comme Gustave Courbet) du passé qui ignoraient, ou méprisaient, ces considérations fondamentales pour garantir la longévité de leur travail. 


Sélection des peintures

Les couleurs dites « primaire »

Très souvent, nous entendons parler de "couleurs primaires" (bleu, rouge et jaune) ! C’est sans doute très important d’en parler, et de tout ramener à ces trois couleurs, comme le font de nombreuses écoles (celles des beaux arts incluses).

Hélas, sur le plan pratique, c’est peu significatif, d’autant moins que, selon les marques, ces douleurs dites primaires, diffèrent ! 

En effet, la même appellation pour une marque désignera une nuance tout à fait différente pour une autre : plus claire ou plus foncée, selon les cas, ou, pour certains bleus dits de cobalt, par exemple, l’un tirera légèrement sur le vert pour une marque alors que le concurrent penchera vers le violet, bien que ce bleu, en théorie, soit le plus pur !

Le plus simple consiste à passer outre ces considérations scolaires pour aborder le problème en professionnel praticien de la peinture. Pour cette raison, vos choix porteront beaucoup plus sur vos goûts personnels, sur ce à quoi vous aspirez, que sur l’appellation donnée par le fabricant : c’est par la pratique, et elle seule, que vous fixerez vos choix, mais sans jamais perdre de vue les qualités chimiques de vos pigments (ce dont je traite également plus avant). 


Choix des peintures :

Il n’est jamais très facile d’effectuer le meilleur des choix! 

C’est dans les peintures des fabricants "Hold Holland", "Schmincke" et "Bloocks" que, généralement, les professionnels internationaux effectuent leurs choix. Ces trois marques se caractérisent par la qualité de leurs produits… mais hélas, elles sont difficilement abordables pour le peintre débutant ou l’amateur en raison de leurs prix… et aussi des difficultés de les trouver dans le commerce en France, exception faite dans les magasins très spécialisés des grandes villes.

Pour ceux qui ne trouveraient pas cette marque dans leur région, ils peuvent se rabattre sur une sélection de la marque Lefranc & Bourgeois relativement stable, même si elle ne présente pas les qualités des peintures "Hold Holland", "Schmincke" ou "Bloocks", elle n’en reste pas moins acceptable, et beaucoup moins chère,  pour les travaux d’amateurs. 

Attention, la marque Lefranc & Bourgeois, comme quelques autres, a la fâcheuse tendance à vendre à volume égale, les gros tubes nettement plus cher que les petits dans certaines couleurs ! Ainsi, en 2016, le noir de Mars par exemple, vendu : 7,97 € les 100 ml en tube de 125 Cm3 passe à 15,60 € dans les tubes de 250 Cm3 (chez le « Géant des Arts », soit pratiquement 2 fois plus cher ! Alors attention de ne pas vous laisser duper… En fait, cette marque est devenue plus une marque de peinture pour écoliers que pour artistes peintres, ses pigments les plus intéressants et les plus stables (trop chers à la fabrication sans doute, donc moins rentables, ont été retirés de leur palette : Laque de Bitume Vibert, Jaune de Nickel, Jaune Delta, et même leur violet de Mars, un oxyde de fer particulièrement stable !) Pour vérifier : cliquer ici.
Un artiste débutant peut très bien trouver son bonheur dans cette sélection de peinture d’une stabilité encore acceptable (mais pour combien de temps, vue le cheminement de la marque) :

·Blanc de titane
·Orangé de mars
·Noir de mars
·Corail
·Rouge vif
·Bleu indien
·Bleu de cobalt
·Bleu azural de manganèse
·Jaune souffre
··Jaune de mars
··Ton jaune de Naples
··Violet d’Egypte
·Vert oxyde de chrome

Remarque: au sujet de cette marque, ma sélection diffère de celle que le fabriquant place généralement dans les magasins, d'où la nécessité d'avoir souvent à les commander : elle repose uniquement sur des critères de stabilité et de miscibilité sans aucune considération commerciale (ce qui explique, peut-être, les différences observées avec les couleurs présentées chez les commerçants qui s'en remettent totalement aux représentants commerciaux de la marque). Les motivations d'achat des artistes n'ayant que très peu de rapport avec les objectifs commerciaux, il appartient à chacun, lors de ses achats, de faire respecter ses choix et de refuser fermement des couleurs de "remplacement" au gré des "présentoirs" ou des boites toutes préparées, les couleurs de ces dernières étant généralement de qualité bien inférieure à ce qui est admissible pour réaliser un travail sérieux présentant un minimum de stabilité... même pour un travail d'amateur !

Il convient dès à présent de préciser qu’il est très important de se fixer sur un choix offrant le maximum de stabilité, dès les premières toiles réalisées par l’artiste. En effet, chaque couleur de même nom (par exemple, bleu de cobalt, blanc de titane, orangé de Mars, etc.), choisie dans des marques différentes, présente des nuances et des réactions souvent très différentes dans la pratique. L’artiste devant connaître parfaitement les effets que permettent d’obtenir chacune des couleurs de sa palette, il s’habitue très vite à elles et risque de se trouver très "désorienté" par l’usage d’une autre marque ou d’un autre pigment. 

C’est pourquoi ce choix est très important et doit être fait dès le début de sa carrière pour ne plus y revenir ensuite. Seule la pratique lui permettra de les maîtriser. Il n’est donc pas conseillé d’utiliser des dizaines de tubes de couleurs différentes, une sélection de 6 à 10 couleurs est amplement suffisante si elle est bien conçue en fonction de ses qualités et du tempérament de l’artiste.

C’est aussi cette habitude de travailler avec les mêmes couleurs qui fait que nous assistons très souvent à des choix déplorables : bleu de Prusse, bleu outremer, jaune ou rouge de cadmium, jaune de chrome, rouge de garance, etc. 

De très nombreux artistes qui ne parviennent pas à s’en départir par la suite en dépit des risques d’aliénation de leur travail que leurs font encourir certains pigments. Ce qui est grave, en tel cas, c’est qu’après des dizaines d’années de pratique, ils n’hésiteront pas à conseiller leurs pigments instables ou très difficilement miscibles à des débutants faisant appel à leurs conseils. 

Ce qui est plus regrettable encore, c’est cette multitude de livres vendus dans le commerce dont les auteurs fondent volontiers leur palette sur des choix très mal effectués (pour qui entend travailler avec sérieux). Mais il n’en est pas moins vrai que ces livres sont rarement écrits par des artistes professionnels possédant un minimum de connaissance en chimie pigmentaire mais par de simples "professeurs" des écoles des "beaux-arts" ignorant tout ou presque des réalités du travail des artistes. 

Généralement, ces livres comportent de nombreuses erreurs de perspective et les techniques préconisées reposent sur des choix de peinture et dessins préalables très préjudiciables à la pureté des pigments et à la spontanéité du travail. En fait, ces livres incitent à un travail très éloigné de celui de l’artiste professionnel, étant beaucoup plus proche de celui réalisé pas les enfants des écoles maternelles !

Si je suis dur avec ce genre de publications, c’est en raison du fait qu’à force de vulgariser des stupidités et autres erreurs, nous assistons de plus en plus à une baisse inquiétante du niveau des expositions, d’où une désaffection certaine et justifiée du public : ce n’est pas en planifiant par la base (tendance regrettable de la mode actuelle) que l’on pourra obtenir des œuvres de qualité et se montrer digne de la confiance du public, voire de l’estime de soi-même !

Il est donc très important pour un artiste, dès le début de sa carrière, de se constituer une palette (choix des couleurs) de très haute qualité, il en sera toujours gagnant par la suite. C’est dans cet esprit que je conçois mon présent site Internet et mon livre, tout en donnant des "astuces" pour réduire les frais de chacun pour réaliser un travail de très haute qualité technique au niveau de la stabilité des couleurs des œuvres terminées : d’où mon système de travailler une première couche (que j’appelle "couche technique") qui situe la totalité de l’œuvre (sans dessin préalable) à terminer par la superposition de 3 à 15 couches de peinture ultrafines, en "glacis dans le frais" pour laisser transparaître les couches inférieures, (voire 20, pour le travail de transparence maximale), avec de la peinture de très haute qualité (sélection de peinture "Hold Holland" très vivement conseillée à ce niveau : en dépit de son prix, du fait de la grande pureté de ses pigments, c’est encore elle qui est la plus économique à l’usage en raison de sa puissance colorante inégalée par l’ensemble des autres marques, sauf pour certaines couleurs par les peintures belges Bloocks (presque introuvables en France, hélas) ou allemandes Schmincke (série Mussini) qui sont pratiquement du même niveau. Petite précision pratique, presque toutes ces peintures se trouvent sur l’excellent catalogue "Géant des arts" que chacun peut se procurer (sur www.geant-beaux-arts.fr). Je précise que je n'ai aucun lien d’intérêt avec ce fournisseur, je suis simplement un client, c'est simplement la qualité de ses services qui font je le cite volontiers comme exemple.

Les peintures Lefranc & Bourgeois, Talens, Daler-Rowney, Sennelier, etc., constituent un heureux compromis entre les peintures de bas de gamme (dites d’étude, que je conseille de n’utiliser que pour les fonds ou en sous-couches qui seront entièrement recouvertes après ponçage léger (pour améliorer l’adhérence des couches superposées), donc sans danger pour la conservation de l’œuvre, à condition de bannir totalement les sulfures de cadmium qui sont franchement trop agressifs pour les autres pigments, même en superposition) même pour les peintures de haut de gamme comme (Hold Holland, Mussini ou Bloocks). Précisons cependant que les peintres qui ne travaillent qu’avec ces peintures que je qualifie de "second plan" sont les plus nombreux, c’est dans la recherche d’une qualité maximale que je laisse ces peintures de côté.

Attention: La mention plus que courante de "Extra-fine" portée sur les tubes ne signifie absolument pas qu’elles soient "extra-bonnes", et c’est bien dommage !

Lors de mes tests de stabilité en milieu "ultra-pollué" (qui serait irrespirable à l’homme) avec des variations permanentes d’hydrométrie et de température sur une durée de plus de 24 mois (pour analyser leurs résistances dans le temps, tant utilisées seules qu’en mélange avec d’autres pigments : vieillissement artificiel), il apparaît que les rares peintures vraiment stables le reste en superposition d’un minimum de 5 couches sur une base instable (peintures à bas prix en raison des charges qui les caractérisent). Cette première couche (base technique) ne trouve son intérêt que pour parfaire les premières couches d’enduction (2 à 3 couches de « gesso » dans le commerce, 8 à 12 pour mes préparations) et libérer l’artiste des contraintes techniques de la figuration (lois de la perspective, canons du portrait, répartition des couleurs pour l’abstrait, etc.) pour se concentrer essentiellement sur l’aspect qu’il entendra donner à sa toile terminée, notamment par le renforcement des valeurs et l’amélioration des transparences et des contrastes. Le niveau atteint selon cette technique est très nettement supérieur à celui d’un travail en une seule ou deux couches (pour le même artiste)… même si ce genre de travail revient obligatoirement plus cher et demande beaucoup plus de temps, l’artiste professionnel s’y retrouve toujours lors de ses ventes, le public (donc les acheteurs potentiels) étant toujours très sensible au travail de qualité (l’effet est certain et très visible lors des expositions de groupe où les comparaisons sont faciles à faire). 

Toujours pour le choix des couleurs, il est utile de tenir compte du fait qu’il est plus facile d’éclaircir une couleur foncée que de foncer une couleur claire. Ceci est très important pour réaliser des contrastes de qualité, tout en réduisant le nombre de tubes de peinture à acheter.

Une fois la sélection de couleurs terminée, il convient de passer à la pratique. Le travail de la peinture (mises en place, mélanges éventuels, techniques utilisées, etc.) est tout aussi déterminant pour l’aspect de l’œuvre terminée (sans considération du sujet traité ni du mode d’expression) que le choix des pigments qui n’en reste pas moins indispensable et très strict avant toute chose. 
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Sélection des peintures

Peinture Norma

 

Peintures "Norma", peinture de qualité moyenne, acceptable pour le travail d'amateur, produit de seconde gamme de la marque allemande "Schmincke".

Peinture Lukas

 

Excellente peinture pour un travail d'étude ou de fond.

Peinture Lefranc&Bourgeois

 

Ce furent d’excellentes peintures dans les années 1960-80, mais aujourd’hui très décevantes : privilégier la rentabilité à la qualité n’est pas la meilleure des politiques...

Peinture Rembrandt

 

De qualité moyenne, cette peinture est acceptable pour les artistes peu exigeants ou pour peindre les fonds (sous les couches finales, ces dernières devant être réalisées avec des peintures de haute qualité) !

Cette peinture "Old Holland" est celle que j’utilise pour mes différents glacis et mon travail de finition en raison de sa qualité (pigments purs) et de son puissant pouvoir colorant.

Les peintures ci-contre sont celles dont la qualité approche le plus les peintures "Hold Holland", à savoir la marque "Schmincke",

série Mussini (peinture allemande).

Les peintures ci-contre sont, de la marque « Bloocks"

(peinture belge) sont d'excellente qualité... mais un peu chères,

surtout du fait de son conditionnement (que des petits tubes !)

Peintures "Sennelier"

 

Elles sont très prisées par les artistes amateurs, à utiliser avec prudence... elles ne sont plus ce qu'elles étaient voici seulement 20 ans !

Peinture Georgian

 

La peinture ci-contre est celle que j’utilise en couche de fond (acceptable à condition de peindre à l’huile, principe « gras sur gras »). Bien que de qualité inférieure, elle n’en est pas moins très intéressante en raison de son coût très bas. Son intérêt se porte essentiellement sur les tubes de 225 ml vendus de 8 à 15 € (9,95 € chez le fournisseur "le géant des arts").

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